L'hôpital catholique subventionné va devoir pratiquer des IVG

Irlande: Avortement, un prêtre démissionne du directoire de l’Hôpital «Mater Misericordiae»

Dublin, 28 novembre 2013 (Apic) Suite à l’adoption par le Parlement irlandais, en 2012, du «Protection of Life During Pregnancy Act», le «Mater Misericordiae University Hospital» va devoir pratiquer des IVG. Cette loi autorise en effet l’avortement lorsqu’il existe des risques «réels et substantiels» pour la vie de la femme, y compris celui du suicide. Prêtre du diocèse de Dublin, le Père Kevin Doran a, pour cette raison, donné sa démission du directoire de ce grand hôpital catholique de Dublin.

Le ministre de la santé irlandais avait souligné que tous les hôpitaux subventionnés par l’Etat devaient obéir à la loi. Le «Mater Misericordiae University Hospital» – fondé par les Soeurs de la Miséricorde (Sisters of Mercy) – étant sur la liste des 25 «institutions compétentes» pour pratiquer des avortements, son directoire a accepté de se conformer à la loi entrée en vigueur en juillet dernier.

Un hôpital catholique «doit porter témoignage des valeurs de l’Evangile»

Répondant à l’agence de presse catholique américaine CNS lors d’un symposium sur la nouvelle évangélisation, tenu le week-end dernier dans la localité anglaise de Shrewsbury, à la frontière du Pays de Galles, le Père Kevin Doran a confirmé sa démission. Secrétaire général du Congrès Eucharistique International organisé à Dublin en juin 2012, il a pris cette décision pour une raison de conscience. Il estime qu’un hôpital catholique «doit porter témoignage des valeurs de l’Evangile» tout en donnant d’excellents soins.

Le Père Doran, soulignant que l’avortement est «contraire à nos valeurs», avait auparavant déclaré que cet établissement ne pratiquerait aucune IVG malgré la nouvelle loi. Il a finalement décidé de quitter ce poste, car l’adhésion de cet hôpital catholique «à une loi qui prévoit d’ôter directement la vie humaine est quelque chose que, personnellement, en tant que prêtre catholique, je ne pouvais pas soutenir et, par conséquent, j’ai démissionné». Il estime que cette loi est «dangereuse» et «contre l’esprit de la Constitution irlandaise», qui interdit explicitement l’avortement.

L’article 40.3.3 de la Constitution irlandaise stipule que l’»Etat reconnaît le droit à la vie de l’enfant à naître et, compte dûment tenu du droit égal de la mère à la vie, s’engage à le respecter dans ses lois et, dans la mesure du possible, à le protéger et à le défendre par ses lois». (apic/cns/be)

28 novembre 2013 | 11:13
par webmaster@kath.ch
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