Rome: Fraternité Saint-Pie-X, la décision arrive entre les mains de Benoît XVI
L’hypothèse d’un accord entre Rome et les Lefebvristes créé des tensions
Rome, 18 mai 2012 (Apic) Le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF), remet à Benoît XVI vendredi 18 mai 2012 en fin d’après-midi les conclusions des cardinaux et évêques membres de son dicastère concernant un éventuel retour de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) dans le giron de l’Eglise.
Le pape peut désormais décider de l’issue des discussions avec les Lefebvristes ou choisir d’attendre les «nouveaux approfondissements» sur des questions doctrinales souhaités par les membres de la CDF alors que, de part et d’autre, l’hypothèse d’un accord créé des tensions.
Il reste des points de friction au plan doctrinal
Réunis en session ordinaire au Palais du Saint-Office le 16 mai dernier, les quelque 25 cardinaux et évêques membres de la CDF ont effectué un long tour de table au cours duquel a été décortiquée la réponse de Mgr Fellay, supérieur général de la FSSPX, au «préambule doctrinal» qui lui avait été soumis. Certains ont fait part de leurs préoccupations et soulevé des points de friction au plan doctrinal, d’autres ont émis le souhait que le Vatican, en cas de réponse positive, puisse particulièrement soigner sa communication.
Au terme de cette matinée de travail, un communiqué officiel a indiqué que la CDF souhaitait de «nouvelles discussions» entre Rome et la Fraternité Saint-Pie-X. Plus précis, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a parlé de «nouveaux approfondissements» sur certaines questions, jugeant que le processus était «encore en cours», mais qu’il ne serait «pas prudent de penser à une conclusion rapide».
Le pape, souverain
Pour autant, souligne-t-on au Vatican, une fois le dossier en main, Benoît XVI peut décider seul de l’issue de ces discussions avec la FSSPX, dans un sens comme dans l’autre. C’est lui, et lui seul, qui a en effet souhaité cette «main tendue» aux héritiers de Mgr Lefebvre.
Outre les questions doctrinales qui restent donc à préciser, les divisions croissantes à l’intérieur de la FSSPX semblent également freiner le processus en cours. Au fur et à mesure que s’approche une issue positive, des voix importantes de la Fraternité font ainsi savoir leur opposition à toute réconciliation.
Un échange épistolaire confidentiel, cependant publié sur internet, a récemment montré que 3 des 4 évêques de la Fraternité traditionaliste étaient contre tout rapprochement avec Rome. La CDF a d’ailleurs fait savoir qu’elle allait étudier «séparément» et «singulièrement» le cas de ces 3 évêques, parmi lesquels le Britannique Richard Williamson. Les 3 évêques sont par ailleurs suivis par plusieurs poids lourds de la Fraternité, dont le supérieur du district de France, le Père Régis de Cacqueray.
Mgr Bernard Fellay semble de plus en plus isolé au sein de la FSSPX
Le supérieur général de la FSSPX, Mgr Bernard Fellay, semble de plus en plus isolé et avait été menacé, l’an passé, de ne pas être renouvelé dans son mandat lors du chapitre général de la Fraternité programmé en juillet prochain. Il a d’ailleurs assuré aux 3 autres prélats que la menace d’un «schisme» interne le poussait justement à accepter les propositions de Rome.
Si les tensions sont évidentes du côté des traditionalistes, la menace existe aussi au sein même des rangs plus progressistes de l’Eglise où de nombreux fidèles s’interrogent sur le geste du pape. Certains en viennent à espérer que l’ouverture à la tradition sera l’occasion, également, d’une ouverture à ceux qui réclament un aggiornamento de l’Eglise qui passerait par un assouplissement de certaines règles concernant en particulier le mariage et l’ordination sacerdotale. (apic/imedia/ami/be)



