Série Apic: Lieux de pèlerinage moins connus de Suisse (14e et dernier reportage) Visite au sanctuaire du mouvement de Schönstatt à Quarten

L’image sainte de la Mère de Dieu, entre ciel et terre

Quarten, 30 août 2013 (Apic) De Weesen à Walenstadt, un agréable chemin pédestre longe la rive sud du lac de Walen. A mi-chemin, une modeste chapelle blanche se dresse 70 mètres au-dessus des flots tranquilles, en direction de la montagne. L’ascension de près d’un kilomètre récompense le promeneur par un panorama à couper le souffle. C’est là que se niche, à Quarten dans le canton de St-Gall, le sanctuaire marial du mouvement de Schönstatt.

En cet après-midi estival, lorsque l’on entre dans la chapelle arborant l’image sainte de la Mère de Dieu, on constate qu’il n’y a presque plus de place à l’intérieur, alors que les sœurs de Quarten sont réunies pour leur prière quotidienne. Le sanctuaire attire des pèlerins de Suisse comme de l’étranger. Sœur Renata-Maria Becchio se trouve à l’entrée de la chapelle. Depuis trois ans, elle officie comme responsable de l’accueil.

Le fondateur du mouvement de Schönstatt, Josef Kentenich, a été saisi par cet endroit lorsqu’il visitait la Suisse. Le religieux allemand fonda le mouvement de Schönstatt en 1914 à Valendar, près de Coblence en Allemagne. En 1926, il donne vie en Allemagne aux Sœurs de Marie de Schönstatt, un institut de vie séculier, qui n’est pas un ordre. Les femmes et les hommes orientent néanmoins leur conduite sur les valeurs de l’Evangile. A Quarten, elles portent un habit religieux bleu foncé.

Entre ciel et terre

En 1924, deux ans avant la fondation des Sœurs de Marie de Schönstatt, le Père Kentenich se rend pour la première fois en Suisse. En 1938, les premières religieuses s’installent dans le Rheintal, et en 1948, finalement à Quarten. Le Père Kentenich était enchanté par ce site. Il fit le lien entre la neige sur les sommets du Churfisten et le blanc immaculé de Marie, ainsi qu’entre la profondeur du lac et la foi.

Sur place, les gens ont l’occasion de ressentir tout ce que la Mère de Dieu leur a offert, explique la sœur de l’accueil. Pour elle, la Mère de Dieu est la Mère trois fois merveilleuse, la Reine et la Victorieuse de Schönstatt. En 1955, la communauté a pu inaugurer à Quarten la chapelle, fidèle à l’originale de Schönstatt. Plus de 200 «filiales» ont été construites de la même manière, dans les endroits les plus divers du monde entier. Le sanctuaire de Quarten est consacré à l’Immaculée Conception.

«Il est vraiment magnifique de voir se relier le naturel et le surnaturel», affirme Sœur Renata-Maria, en se tournant vers la Maison provinciale, le plus ancien bâtiment sur le territoire des sœurs. La maison abrite un petit espace de rencontre, consacré au Père Kentenich. Ici, à Quarten, réside une grande partie des Sœurs de Marie de Schönstatt en Suisse.

Presque «insignifiant», un bâtiment de dix étages, dont certains sont accrochés à la pente, s’élève derrière la maison. Cette construction imposante ne paraît pas incongrue dans cet environnement. Elle abrite le centre de formation – avec possibilités d’hébergement – des Sœurs de Marie de Schönstatt. Les 65 chambres sont également mises à disposition pour des vacances.

«J’ai deux tâches», explique Sœur Renata-Maria. En tant que sœur chargée de l’accueil, elle ne va pas seulement à la rencontre des pèlerins pour les guider en ces lieux, mais elle accueille également les gens de tous âges qui participent aux journées de récollection et de formation du mouvement de Schönstatt. Plusieurs grandes entreprises suisses louent des espaces de rencontre à Quarten. La sœur guide également des visiteurs dans la Maison provinciale et au sanctuaire. «Ils doivent savoir où ils se trouvent et comment ils peuvent se sentir à l’aise, c’est la raison pour laquelle je me trouve toujours devant la maison».

Les sœurs exemptées des tâches administratives

De 2008 à 2010, une réorganisation a été menée dans la maison. Le but en a été que les sœurs, notamment en raison de leur diminution, se concentrent sur leurs tâches essentielles. Une direction de fonctionnement extérieure a été mise en place, afin qu’elles soient détachées des tâches administratives et puissent se consacrer encore davantage au domaine spirituel.

Les séminaires sont parfois totalement séparés du sanctuaire de Schönstatt. «Je parle de notre spiritualité au début d’un séminaire, mais j’ai dû naturellement développer la capacité de sentir qui, parmi les participants, est ouvert à quoi», souligne la soeur. Il est cependant intéressant de voir comment les gens réagissent à la religion, qu’ils soient apprentis ou employés de banque. Il ne s’agit pas pour elle de donner une conférence. Les visiteurs découvrent surtout «qu’on peut vivre normalement en tant que chrétiens. Ils se représentent parfois beaucoup de choses», affirme-t-elle en secouant la tête et en riant. Mais il arrive fréquemment que des participants à un séminaire trouvent le chemin vers la chapelle. «Ce qui s’y passe? C’est difficile de le savoir».

Beaucoup de personnes amènent aux sœurs leurs fardeaux de vie. Ceux-ci sont portés à Dieu par la prière silencieuse de la communauté. Les femmes prient pour les événements touchant les mères, les malades, mais aussi pour les vocations au service de l’Eglise et les vocations à la prêtrise.

Des réservations du Brésil, du Chili et des Etats-Unis

Sœur Renata-Maria accueille les pèlerinages des paroisses, des associations de femmes et bien d’autres. Elle organise également des journées de récollection. Pour 2014 il y a déjà beaucoup d’inscriptions, même du Brésil, du Chili et des Etats-Unis, du fait que le mouvement de Schönstatt fête le jubilé de son centenaire. Quarten se trouve sur le chemin vers Rome. C’est pourquoi beaucoup de pèlerins y feront une halte. Les plus petits groupes prient dans la Chapelle des Grâces, les grands groupes et les sœurs elles-mêmes dans la chapelle de la maison.

Parmi les invités actuels figure le Père allemand Lothar Penners, responsable du mouvement de Schönstatt en Allemagne. Il dit apprécier cette belle région et le bon accueil de la maison. Il explique également ce qu’est le mouvement de Schönstatt. Il remonte à un événement précis, «lorsque le Père Kenterich, le 18 octobre 1914, a lancé une Alliance d’amour avec la Mère de Dieu en compagnie d’un groupe d’élèves du foyer d’étudiants des Pères Pallottins.» Au premier rang de ses principes figurent une bonne vie de prière, une autodiscipline et un comportement chrétien. Le Père Penners rappelle que le mouvement de Schönstatt a été lancé durant la Première guerre mondiale. Les élèves du foyer priaient la Mère de Dieu pour qu’elle intervienne, par sa grâce et depuis cet endroit, dans trois directions: qu’elle permette aux hommes de trouver leurs racines, qu’elle les accompagne dans leur maturation et «qu’elle les fructifie dans le sens d’une créativité humaine et apostolique». C’est pour cette raison que les maisons de formation font toujours partie des centres de Schönstatt, «afin de permettre un enracinement intégral des hommes».

Nature et religion se complètent

Deux visiteuses d’Allemagne louent «la belle atmosphère religieuse» et l’harmonie du lieu. Nature et religion se complètent et «l’on parvient à rejoindre Dieu», affirment les dames, avant de disparaître dans les couloirs de la maison de formation.

Un bon repas est important pour que la grâce se développe à partir de la nature, a écrit une ancienne sœur du lieu de pèlerinage de Quarten. Le repas en commun permet d’entamer des discussions intéressantes. «C’est encore le cas aujourd’hui», affirme Sœur Renata-Maria. En plus du centre pour les séminaires, la maison met à disposition un restaurant ouvert au public.

Ce lieu empli de grâces n’est pourtant pas la destination finale d’un pèlerinage de Schönstatt. Il est proposé aux participants de faire en sorte que ce qui a été vécu sur place continue d’agir en famille à la maison ou sur la place de travail. C’est pourquoi les pèlerins reçoivent, au terme de l’eucharistie finale, l’image sainte de la Mère de Dieu de Schönstatt pour l’emporter sur le chemin du retour.

Encadré:

Les événements de l’année à Quarten

Les principaux pèlerinages à Quarten se déroulent le 15 août, lors de l’Assomption, ainsi que lors des journées de Quarten, souvent fin août.

Une autre date importante est le 20 novembre. Un pèlerinage se déroulera cette année sur le thème «L’attachement à Marie comme chance et richesse de vie».

D’autres informations se trouvent sur le site internet www.neuschoenstatt.ch

Encadré:

Fin de série

Ce reportage sur Quarten clôt la série Apic sur 14 lieux de pèlerinage moins connus de Suisse.

Sont parus: La Collégiale Ste-Vérène à Zurzach (AG), la Basilique Notre-Dame de Genève, la Grotte de Sainte-Colombe à Undervelier (JU), Notre-Dame de Fatima à Ponthaux (FR), Notre-Dame de l’Epine à Berlens (FR), le pèlerinage d’Heiligkreuz (LU), Notre-Dame de Lourdes à Zurich-Seebach (ZH), l’ermitage de Longeborgne (VS), Maria Rickenbach (NW), Maria Dreibrunnen à Wil (SG), Ziteil (GR), la chapelle de Notre-Dame à Hergiswald (LU), les gorges de Sainte-Vérène à Soleure et la chapelle de l’Immaculée à Quarten (SG).

Note: Des photos du lieu de pèlerinage de Quarten sont disponibles chez kipa@kipa-apic.ch Prix pour diffusion: 80 francs la première et 60 francs les suivantes.

(apic/gs/bb)

30 août 2013 | 08:52
par webmaster@kath.ch
Partagez!