Rome: Devant les nonces, le pape demande de fuir la mondanité spirituelle
L’importance d’un lien direct du pape avec ses représentants dans le monde
Rome, 21 juin 2013 (Apic) Le pape François a une nouvelle fois invité, le 21 juin 2013, à fuir la «mondanité spirituelle». Devant l’ensemble des nonces apostoliques et représentants diplomatiques du Saint-Siège, réunis à Rome pour la première fois depuis 13 ans, le pontife a souligné l’importance d’un lien direct avec ses représentants dans le monde. De nombreux diplomates se sont plaints discrètement au cours des dernières années de leur peu de contact avec l’évêque de Rome.
Le pape François a souligné le danger, y compris pour les hommes d’Eglise, de céder à la «mondanité spirituelle». Ce concept, emprunté au jésuite Henri de Lubac (1896-1991), est cher au pontife. Le cardinal Jorge Mario Bergoglio l’avait notamment utilisé dans son intervention lors des Congrégations générales précédant le conclave de mars 2013.
Devant les quelque 150 représentants du Saint-Siège dans le monde, le pape a dénoncé la «bourgeoisie de l’esprit», qui pousse à la recherche d’une vie confortable et tranquille. Il a mis en garde contre le risque de tourner en ridicule une mission sainte. «Nous recevrons peut-être quelques applaudissements, a-t-il assuré, mais ceux-là même qui sembleront nous approuver nous critiqueront ensuite dans le dos».
Relation personnelle
Le pape a précisé qu’il avait lui-même rédigé son discours, conscient de l’importance d’une relation personnelle entre l’évêque de Rome et ses nonces et représentants, au-delà de l’aide que la Secrétairerie d’Etat peut apporter. «Je n’ai pas la prétention de dire des choses nouvelles», a-t-il souligné, ajoutant qu’il ne voulait pas prononcer des mots «formels, de circonstance». La mission des nonces, a assuré le pontife en se détachant de son texte, est de faire l’Eglise, de construire l’Eglise, de faire la communion entre les Eglises particulières et l’Eglise universelle. «Vous n’êtes pas des intermédiaires, mais des médiateurs».
La relation entre le pape et ses diplomates est souvent l’objet de plaintes voilées. Ainsi, les nonces et représentants du Saint-Siège ont très rarement l’occasion de rencontrer le pape, contrairement aux évêques du monde entier, qui se rendent en visite Ad limina au Vatican par roulement tous les cinq ans en moyenne.
Des évêques pauvres
Le pape François a dressé le portrait d’un évêque tel que l’Eglise en a besoin. Les enquêtes préalables aux nominations sont en effet du ressort des nonciatures. «Soyez attentifs à ce que les candidats soient des pasteurs proches des gens…qu’ils aiment la pauvreté, intérieure comme liberté pour le Seigneur et extérieure comme austérité et simplicité de vie, a recommandé le pontife. Qu’ils ne soient pas ambitieux, avec une mentalité de princes, qu’ils ne recherchent pas l’épiscopat et soient les époux d’une Eglise, sans être en recherche constante d’une autre».
Un programme chargé
Les nonces apostoliques et représentants diplomatiques du Saint-Siège à travers le monde se retrouvent au Vatican les 21 et 22 juin, pour la première fois depuis septembre 2000 pour une rencontre de ce type. Après leur audience avec le pape François, ils participeront dans l’après-midi à une adoration eucharistique et à la célébration des vêpres à Saint-Paul-hors-les-murs, présidée par le cardinal archiprêtre James Harvey. Le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, proposera quant à lui une série de méditations. Ils dîneront ensuite en compagnie du souverain pontife à la Casina Pio IV, dans les jardins du Vatican. Le lendemain, les diplomates assisteront à une messe célébrée par le cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone dans la basilique Saint-Pierre. Une rencontre avec la hiérarchie de la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, dont ils dépendent, est ensuite prévue. Dans la soirée, ils assisteront à un concert dans la Salle Paul VI, en présence du pape. (apic/imedia/mm/rz)



