Irlande: Les paroisses sollicitées pour aider financièrement l’archidiocèse de Dublin
L’indemnisation des victimes d’abus sexuels plombe les finances
Dublin, 23 septembre 2011 (Apic) Mgr Diarmuid Martin, archevêque catholique de Dublin, a nié avoir utilisé de l’argent venant des paroisses pour alimenter un fonds spécial destiné à indemniser les victimes d’abus sexuels commis par des prêtres. Dans l’édition internet du quotidien «The Irish Times» du vendredi 23 septembre, il précise qu’il n’a jamais autorisé l’utilisation de fonds paroissiaux dans ce but.
Mgr Martin a ainsi contredit une information publiée par l’hebdomadaire irlandais «The Irish Catholic» selon laquelle des fonds venant des paroisses auraient servi à dédommager des victimes d’abus sexuels. Les paroisses ont certes été sollicitées pour contribuer au fonds général de l’archidiocèse de Dublin. Mais l’archevêque a déclaré que ce n’était pas vrai «pour le moment» que cet argent a été utilisé pour les victimes de prêtres. Il a cependant reconnu que «cela pourrait arriver», car l’archidiocèse a une responsabilité envers ces victimes, qui risquent à l’avenir d’être de plus en plus nombreuses.
Des indemnisations pour 13,5 millions d’euros
Selon des données fournies par l’archidiocèse de Dublin en avril dernier, les coûts de ces indemnisations s’élèvent pour le moment à 13,5 millions d’euros (16,5 millions de francs suisses), dont 4,2 millions (5,1 millions) sont dus aux coûts des procédures judiciaires. 172 actions ont été intentées contre 44 prêtres de l’archidiocèse, dont 117 sont terminées et 55 se poursuivent. Mgr Martin a reconnu qu’il y avait une profonde crise financière dans l’archidiocèse. La plus grande partie de l’argent provient de contributions individuelles des fidèles, qui sont de moins en moins nombreux à se rendre à la messe. Le résultat des quêtes s’en ressent.
«Le nombre de ceux qui participent à la messe diminue. L’argent qui a été transféré au fonds général ne vient pas des quêtes (lors des messes)», a-t-il précisé. Mgr Martin a demandé aux paroisses qui avaient, pour une raison ou une autre, des fonds disponibles, la plupart du temps en raison de vente de terrain ou de biens immobiliers, de voir dans quelle mesure ils pourraient faire un geste de solidarité.
Mgr Martin précise que cet argent n’est pas directement destiné à financer des indemnités pour les victimes d’abus sexuels. Il est avant tout prévu pour les besoins généraux de l’archidiocèse, notamment pour financer les tâches pastorales. Mais il y a un risque que les dénonciations pour abus sexuels augmentent ces prochaines années, ce qui signifie qu’il a une obligation légale de mettre de côté des fonds pour les indemnisations liées à ces cas. «J’ai un devoir envers les gens qui ont subi des abus», a-t-il poursuivi, tout comme des obligations pour que les paroisses et les prêtres puissent travailler correctement.
Pour Garry O’Sullivan, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire «The Irish Catholic», il ressort d’un document confidentiel en sa possession que le «fonds général» est destiné spécialement au paiement des cas d’abus. Il demande à l’archevêque de Dublin d’identifier les paroisses qui ont fait des dons pour ce fonds, de faire connaître qui sont les personnes qui ont autorisé ces donations, et si oui ou non les fidèles de ces paroisses ont été consultés. (apic/irc/irt/be)



