France: La nomination par Moscou d’un nouveau recteur de la cathédrale de Nice fait des vagues
L’ingérence du Patriarcat russe dénoncée
Nice, 31 août 2011 (Apic) Le Patriarcat de Moscou a nommé le Père Nicolas Ozoline, recteur de la cathédrale Saint-Nicolas de Nice, sans en informer Mgr Gabriel de Comane, archevêque des Eglises russes en Europe occidentale. Une décision dénoncée par l’archevêque comme une ingérence du Patriarcat de Moscou dans les affaires de la cathédrale de Nice. Le 19 mai dernier, la cour d’appel d’Aix-en-Provence avait pourtant reconnu la propriété de l’édifice à la Fédération de Russie.
L’archevêque des Eglises russes en Europe occidentale a vigoureusement réagi à la décision du Patriarcat de Moscou de nommer un nouveau recteur à Nice, en la personne du Père Ozoline. «Nous acceptons le jugement de l’Etat français. Mais, dans notre théologique orthodoxe, chaque paroisse relève d’un seul évêque. Et jusqu’à aujourd’hui, l’autel de cette cathédrale est lié à mon ministère épiscopal et il faut bien comprendre qu’aucune décision de la part d’un autre évêque ne saurait changer cet état de fait ecclésial», a martelé Mgr Gabriel de Comane, le 28 août 2011, lors d’une homélie prononcée en la cathédrale Saint-Nicolas de Nice.
Auparavant, le 25 août, l’administration diocésaine de l’archevêché des églises orthodoxes russes en Europe occidentale avait fait savoir, dans un communiqué publié sur le site «orthodoxie.com», que Mgr Gabriel et l’administration diocésaine n’avaient pas été officiellement informés de cette nomination. Ils avaient souligné que, selon la tradition de l’Eglise orthodoxe, «la nomination d’un clerc ne peut se faire sans l’accord explicite de l’évêque du lieu».
L’archevêché avait encore précisé que la propriété d’un bâtiment ne saurait en aucun cas conférer à son titulaire le droit de choisir la juridiction d’appartenance de son clergé ni d’en susciter la nomination. De fait, une nomination intervenant sans l’accord de l’évêque du lieu constituerait «une violation flagrante de la norme ecclésiale reconnue».
Plein usage au Patriarcat de Moscou
La réponse de la Fédération de Russie ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué daté du 30 août, elle rappelle que les droits de propriété sur la cathédrale niçoise lui ont été confirmés par la justice française, le 19 mai. La Russie annonce notamment sa décision de confier le plein usage de l’édifice au diocèse de Chersonèse, représentant le Patriarcat de Moscou en France.
«L’association diocésaine de Chersonèse, personne morale de droit français, entend assumer ses responsabilités liturgiques, pastorales et administratives qui lui incombent suite à cette décision, tout en assurant la continuité du culte orthodoxe, la sauvegarde et l’aménagement de l’église Saint-Nicolas, qui fait partie du patrimoine français et qui est un des symboles de l’amitié entre la France et la Russie», peut-on lire dans le communiqué.
Le Patriarcat enverra donc un prêtre et un diacre à Nice afin d’assurer la gestion administrative et cultuelle de l’église Saint-Nicolas et d’établir un dialogue avec les responsables de l’Association cultuelle orthodoxe de Nice (ACOR). Enfin, la Fédération de Russie précise que toutes les questions d’ordre canonique devraient être réglées par l’évêque de Chersonèse et l’archevêque des Eglises russes en Europe occidentale, dans un «esprit de paix et d’entente mutuelle». (apic/lacroix/orthodoxie.com/nd)



