Genève: Le retrait du mandat de Caritas-Genève pour les réfugiés est définitif

L’institution entend se redéployer dans le domaine de l’intégration

Genève, le 11 mai 2011 (Apic) Depuis 2001, Caritas Genève était chargée par le canton d’accompagner les réfugiés statutaires. Le retrait de ce mandat lui a été annoncé à la fin de l’an dernier. Il y a peu, Caritas a levé son recours contre cette décision. Nous avons demandé à son directeur, Dominique Froidevaux, ce qu’implique pour les réfugiés et pour son institution la reprise de cette activité par l’Hospice général, établissement lié à l’État.

Caritas Genève a exercé ce mandat conjointement avec la Croix-Rouge de 2001 à fin 2008, puis seule à partir de 2009. A la fin de 2010, le Département de la solidarité et de l’emploi (DES) lui a signifié que cette tâche serait assumée, dès le 1er août 2011, par l’Hospice général qui met en œuvre la politique sociale du canton. «Cette décision est légale, car la convention était reconduite de six mois en six mois. Nous avons fait recours parce que nous n’avions pas été consultés et qu’à travers nous l’avis des réfugiés n’avait pas été pris en compte», nous indique Dominique Froidevaux.

Depuis, plusieurs rencontres ont eu lieu, notamment avec le conseiller d’État François Longchamp, et Caritas a retiré son recours. Quelles sont les conséquences du changement pour les réfugiés? «C’était notre premier souci: que ceux-ci ne soient pas prétérités par ce transfert. Une grande structure a des exigences administratives qui rendent probablement plus difficile un travail sur mesure auprès de chaque personne pour lui faire part de ses droits, mais aussi pour qu’elle se prenne en charge d’une manière responsable sur son chemin vers l’autonomie. Cependant, l’Hospice manifeste la volonté de le faire et certains de nos collaborateurs vont poursuivre au sein de cette institution la tâche qu’ils accomplissaient chez nous».

Caritas s’en relèvera

Qu’en est-il pour Caritas-Genève? «En ce qui concerne le personnel, cela représente neuf équivalents plein temps. Sur le plan financier, le secteur des réfugiés disposait d’un budget de 7 millions de francs, sur un total de 17 millions. Cependant, une partie importante de ces 7 millions était redistribuée sous forme d’assistance, dont les réfugiés ont besoin quand ils commencent leur vie en Suisse. Avant 2009, nous ne couvrions pas tous nos frais, mais ces derniers temps nous commencions à avoir une certaine marge de manœuvre qui nous permettait d’envisager des améliorations de notre service».

Le retrait de ce mandat vous met-il en péril? «Caritas Genève s’en relèvera, mais nous devons repenser notre activité. Nous avions beaucoup investi sur le pôle réfugiés, en particulier en matière de gestion et de rigueur administrative. Nous devons maintenant nous redéployer: il y a des besoins en matière d’intégration, spécialement des familles. La diversité des cultures est une donnée fondamentale à Genève et la pauvreté qui peut résulter d’une difficulté d’intégration concerne l’ensemble de la collectivité, donc bien sûr aussi Caritas. Nous sommes en discussion avec l’État pour dégager des perspectives dans ce domaine.»

Caritas-Genève n’aura-t-elle plus aucun rapport avec les réfugiés? «Ils continueront de faire appel à nous, comme les Suisses ou les autres étrangers. Notre charte nous interdit toute discrimination». (apic/mba/amc)

11 mai 2011 | 11:25
par webmaster@kath.ch
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