Bruxelles: Séminaire de Dialogue à la Commission européenne
L’intégration des Roms: une nécessité, un défi et un devoir
Bruxelles, 27 juin 2011 (Apic) Les Eglises européennes se félicitent de la récente adoption par la Commission européenne du cadre pour les stratégies nationales d’intégration des Roms. Elles plaident cependant pour des objectifs plus ambitieux en matière d’accès à la justice, aux services de santé, à la formation et à l’emploi. Tel est le principal élément du Séminaire de Dialogue tenu sur ce thème le 27 juin à la Commission européenne.
Environ 12 millions de Roms vivent aujourd’hui en Europe. Afin d’améliorer leur intégration, la Commission européenne a récemment adopté un Cadre pour les stratégies nationales d’intégration des Roms pour la période allant jusqu’à 2020. Les Eglises approuvent cette adoption, notamment parce que ce cadre dépasse les frontières actuelles de l’UE et envisage de soutenir les pays candidats dans l’inclusion sociale et économique des Roms.
Pour les Eglises, ce document cadre gagnerait cependant à distinguer davantage les perspectives de court et de long terme. En effet, l’accès à l’emploi, aux services de santé, à l’éducation et au logement devraient être réalisés rapidement, tandis que les changements de fond dans la société pourraient demander plus de temps.
Les représentants des Eglises ont plaidé en faveur d’objectifs plus ambitieux en matière d’accès à la justice, notamment l’octroi de documents officiels aux citoyens roms. Concernant l’éducation, il s’agit de garantir que les enfants roms puissent accomplir leur cursus dans l’enseignement secondaire afin d’accéder a des emplois qualifiés, tandis que la formation continue pour adultes devrait être développée. Ici, les écoles confessionnelles pourraient jouer un rôle important.
Les Eglises s’engagent
«Le chômage et le manque d’éducation sont les deux principaux défis auxquels sont confrontés les Roms», a indiqué Mgr János Székely. L’évêque auxiliaire d’Esztergom-Budapest a présenté une série d’initiatives d’intégration et d’éducation pilotées avec succès par les Eglises en Hongrie. Mais il a aussi rappelé que, au delà de la création d’emploi et de l’éducation, la formation des consciences était cruciale : «L’homme est le principal acteur du développement, et pas l’argent ni la technologie». L’inclusion des Roms est aussi un processus à double sens : les autorités publiques et les Eglises peuvent aider les Roms à prendre conscience de leurs responsabilités et de leurs devoirs envers la société.
L’archevêque de l’Eglise réformée de Suède, Dr Anders Wejryd, a quant à lui fait état du processus de réconciliation et d’intégration de la communauté Rom par les Eglises en Suède. «Les Eglises doivent méditer sur le rôle qu’elles ont joué dans le passé dans l’exclusion des Roms. Aujourd’hui, les Eglises comptent de nombreux chrétiens engagés dans la défense des droits des minorités. Elles peuvent donc jouer un rôle important dans le débat public et la formation des opinions au niveau local.»
S’agissant de la contribution des Eglises à la Stratégie de l’UE sur l’intégration des Roms, les représentants des Eglises ont souligné la nécessité de changer les attitudes discriminatoires que la majorité des citoyens développent à l’égard des minorités Roms. Elles recommandent aux Etats membres de combattre activement le racisme et la discrimination dans la sphère publique. Parallèlement, l’éducation sur la culture, l’histoire et l’identité Rom, dans toute sa diversité, apparaît essentielle et devrait devenir un sujet à enseigner dans les écoles.
Des représentants de l’UE ont reconnu que la Commission européenne n’était pas parvenue à évaluer ces dernières années l›utilisation des fonds européens pour financer des projets d’intégration des Roms au niveau local. C’est pourquoi la nouvelle Stratégie en faveur des Roms vise à améliorer l’évaluation et la réglementation sur l’utilisation des fonds européens.
Tout en rappelant que l’intégration des Roms relevait avant tout de la compétences des Etats membres, László Andor, le Commissaire européen chargé de l’Emploi, des Affaires sociales et de l’inclusion a annoncé que le nouveau cadre de l’UE rendrait les fonds européen plus accessibles et centrés sur une approche territoriale : «Les Eglises sont des acteurs majeurs sur le terrain de l’intégration des Roms : nous devons travailler ensemble et nous comptons sur votre soutien» a-t-il conclu.



