Rome: La conversion à l’islam évoquée lors des travaux du Synode

L’islam, un sujet qui concerne l’Europe

Rome, 24 octobre 2012 (Apic) Le thème de l’islam, et plus particulièrement des conversions de musulmans au christianisme, occupe une partie des travaux du Synode sur la nouvelle évangélisation à Rome. Le 23 octobre 2012, Mgr Paul Desfarges, évêque de Constantine et d’Hippone en Algérie, s’est félicité que de nombreux Pères synodaux vivant en terre d’islam aient évoqué ce sujet sensible.

«Dans certains de nos pays, la grâce nous est donnée d’accueillir des fidèles provenant de familles musulmanes», avait déclaré Mgr Desfarges le 12 octobre. Le prélat français a fait de l’Algérie sa seconde patrie. Le 23 octobre, devant une poignée de journalistes, il a justifié ainsi son geste: «la presse libérale en Algérie commence à parler ouvertement de ce thème, de façon positive ou négative».

Mgr Desfarges s’est dit touché que d’autres intervenants aient à leur tour évoqué le sujet des conversions. Tel était par exemple le cas du patriarche d’Antioche des Maronites, Béchara Boutros Raï. Il a déclaré que «l’on signale, parmi les musulmans, des conversions secrètes au christianisme». D’autres Pères synodaux non arabes, venant d’Europe ou d’Afrique noire, en ont aussi parlé, comme le lazariste italien Mgr Cristoforo Palmieri, évêque de Rrëshen en Albanie, et Mgr John Ebebe Ayah, évêque d’Ogoja au Nigeria. «Il n’est pas étonnant que l’islam ait eu une grande importance pendant le synode», selon l’évêque de Constantine et d’Hippone, notamment parce que «c’est un sujet qui concerne l’Europe».

La conversion, un parcours difficile

«Le dialogue interreligieux doit intégrer le thème des conversions», a-t-il déclaré aux journalistes, soulignant qu’il ne fallait pas «utiliser les conversions contre l’islam». En outre, «les conversions ne doivent pas se faire par intérêt mais par conviction personnelle», a affirmé Mgr Desfarges. Celles-ci sont le plus souvent le résultat d’un parcours personnel qui peut être déclenché par un songe, la lecture d’un livre ou encore la vision d’un film.

Les chrétiens convertis doivent cependant vivre «dans une grande discrétion». Car la conversion est «quelque chose d’impensable pour les musulmans». «Au début, seuls quelques membres de la famille sont mis dans la confidence», a rapporté le prélat français. «Parfois, a-t-il ajouté, il faut du temps pour que le respect s’installe, car c’est une souffrance pour les amis et la famille». Il a cité le cas de «parents qui culpabilisent et pensent avoir échoué dans l’éducation de leurs enfants». (apic/imedia/cp/ggc)

24 octobre 2012 | 09:07
par webmaster@kath.ch
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