L'Occident au pilori en raison de sa position libérale sur l'homosexualité

Russie: L’Eglise orthodoxe souhaite que soit à nouveau puni le «crime de sodomie»

Moscou, 13 janvier 2014 (Apic) D’importants cercles de l’Eglise orthodoxe russe souhaitent que soit à nouveau puni le «crime de sodomie», comme au temps de l’ancienne Union soviétique. Depuis longtemps, des membres de la hiérarchie orthodoxe dénoncent violemment l’homosexualité, une pratique qu’ils n’hésitent pas à qualifier de «diabolique». Selon l’agence d’information russe «Interfax», ils souhaitent l’organisation d’un référendum pour éventuellement réintroduire l’article 121 du code pénal en vigueur durant la période communiste.

Au Patriarcat de Moscou, l’archiprêtre Vsevolod Tchapline, président du Département synodal pour les relations de l’Eglise avec la société, vient de relancer le débat. Il aimerait, lui aussi, que soit à nouveau en vigueur l’article 121, traitant de la sodomie. Aboli en 1993, il prévoyait que «les actes sexuels entre hommes (sodomie) avec recours à la contrainte ou aux menaces, ou commis à l’encontre d’un mineur ou d’un individu en situation de dépendance ou d’infériorité sont punis d’une peine pouvant aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement».

Pour une exclusion de l’homosexualité de la vie publique

Tchapline, doyen de la paroisse moscovite de Saint-Nicolas-des-Trois-Monts et porte-parole de l’Eglise orthodoxe russe, a déclaré à la presse qu’il y avait la nécessité d’une sérieuse discussion sur les moyens d’exclure l’homosexualité de la vie publique, rapporte «Interfax».

Le prélat estime que chaque société a le droit de décider quels péchés doivent être sanctionnés par la morale et lesquels avec la loi. L’archiprêtre ajoute que des décisions diverses à ce sujet ont été prises par les sociétés à des étapes différentes de leur histoire et à l’époque contemporaine.

L’Occident, que l’archiprêtre considère comme «une communauté plutôt marginale», a pris le chemin de la dépénalisation, tandis que de nombreux autres peuples ont tendance à préférer d’autres directions. «Par exemple, la Cour suprême indienne a récemment refusé de confirmer la levée de l’interdiction de l’homosexualité. La Cour suprême d’Australie a déclaré invalide une loi légalisant les mariages de personnes du même sexe».

Inquiétude des défenseurs des droits humains

Ainsi, affirme-t-il, de nombreuses personnes reviennent régulièrement à la «logique normale», qui montre clairement que les «mariages» de couples du même sexe, et surtout la propagande en leur faveur et les tentatives de les légitimer, «détruisent les familles et, à long terme, détruisent la nation». «C’est un sujet de débat des plus sérieux, à savoir comment résister à ce péché, comment le minimiser ou, mieux encore, de l’expulser totalement de la vie publique».

Le Centre des droits humains du Conseil mondial du peuple russe, dépendant du Patriarcat de Moscou, se déclare, par la voix de son président Roman Silantyev, partisan de la restauration de la criminalisation de la sodomie. Les défenseurs des droits de l’homme s’indignent d’une telle proposition «qui n’a pas sa place au 21e siècle», estime la présidente du groupe Helsinki, Lioudmila Alexeeva, une ex-dissidente soviétique. Elle qualifie d’ «odieuse et outrageante» la proposition de criminaliser l’homosexualité. (apic/interfax/com/be)

13 janvier 2014 | 12:34
par webmaster@kath.ch
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