L’œuvre ira à son terme, assure le maire

Unique note discordante dans le concert des appréciations, l’architecte municipal de Mejorada del Campo, José Luis Lopez, émet un jugement sarcastique: Je ne peux pas parler de cette «cathédrale». Pour moi, elle n’existe pas et n’aurait jamais dû voir le jour. Au moins, il aurait fallu arrêter les travaux. La raser, en raison du manque de fiabilité et de sécurité de l’oeuvre». Jugement péremptoire. Que ne partage pas le maire Peñaranda, élu socialiste. «Ce monument, qui a pris une dimension populaire énorme, a des caractéristiques qui nous échappent. On ne pet donc appliquer un règlement pur et dur». En cela, affirme-t-il, les différentes sensibilités politiques qui se sont succédé ici ont coïncidé au moins sur un point, pour reconnaître dans l’ensemble l’immense valeur morale et sociale de l’œuvre d’un citoyen. «Il faut le dire, au-delà des convictions religieuses, nous sommes orgueilleux de compter cet homme parmi nos citoyens».

A l’époque, au moment où les travaux ont commencé, relève le maire, on validait à peu près tout dans les villages. Le temps a passé. Et la «cathédrale» s’est mise peu à peu à sortir de terre, à prendre forme, à s’élever. «Et lorsque les autorités se sont posé des questions de sécurité, il était bien trop tard».

C’est vrai, reconnaît pourtant notre interlocuteur, en notre qualité d’autorités, nous ne pouvons délivrer de permis pour un bâtiment qui ne répond à aucune norme de sécurité. Mais il ne désespère pas: «Aujourd’hui en l’an 2000, nous avons les moyens techniques et économiques pour solutionner le problème de la sécurité». Pas de doute, assure encore le premier citoyen de la bourgade, si demain Don Justo meurt avant d’achever son rêve, Il cherchera avec les administrations concernées le moyen de terminer l’édifice. «En respectant la vision de Don Justo, mais en y apportant ce qui manque à cet homme: l’argent et les connaissances techniques. Ce serait là la meilleure récompense pour lui que de fortifier la dimension humaine de cette entreprise». Et aussi pour la bourgade, admet-il, en pensant aux touristes à venir. Avant de se souvenir: «Au début, tout le monde souriait, pour ne pas dire plus. Il va se fatiguer sous peu», prédisait-on. (apic/pr)

17 mars 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 1  min.
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