Mexique: Benoît XVI attendu par les victimes du fondateur de la Légion du Christ

L’ombre du Père Maciel plane sur le voyage du pape

Mexico, 23 mars 2012 (Apic) Le voyage de Benoît XVI au Mexique est marqué par le spectre du Père Marcial Maciel Degollado, avant même son arrivée. Pourquoi ne rencontrera-t-il pas les anciens Légionnaires du Christ abusés par leur fondateur? Cette controverse risque de compromettre la visite papale, du 23 au 26 mars 2012.

«Une rencontre avec des victimes du Père Maciel, le fondateur des Légionnaires du Christ, n’est pas prévue. Les évêques ne l’ont pas demandée». Lors de la présentation du voyage devant la presse internationale, le Père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, a exclu toute entrevue possible entre les victimes d’abus et le pape,. Cette décision est controversée, même au sein de la Curie romaine.

De leur côté, les victimes pourraient ternir le voyage du pape. Certaines, apprenant qu’elles ne seront pas reçues, ont rendu public 200 pages du dossier Maciel, accompagné d’une lettre ouverte au pape, ont annoncé «Les Matinales chrétiennes» de «La Vie», le 23 mars. La lettre se conclut par ces mots: «Dans tous les cas, vous avez perdu l’occasion de recevoir cette vérité, en même temps que de nous recevoir».

Les obstacles à cette rencontre avec le pape sont divers. Dès le départ, certaines victimes ont rejeté cette possibilité. D’autres l’espéraient. Patricio Cerda, membre de la congrégation depuis 17 ans et engagé dans l’Association d’aide pour les victimes de la Légion du Christ, attend plus de Benoît XVI que du «politiquement correct», a rapporté «Vatican Insider», le 22 mars. Il reconnaît que des intérêts des cardinaux sont en jeu, dont ceux du primat du Mexique, Mgr Norberto Rivera Carrera. Celui-ci a défendu le Père Maciel jusqu’à la fin. Quant aux victimes directes du fondateur, elles «ne veulent pas faire partie d’un simple jeu médiatique», a déclaré Patricio Cerda.

Le cas du Père Marcial Maciel Degollado est emblématique. Il s’agit d’un scandale énorme: abus de huit anciens étudiants en 1998; campagne médiatique de discrédit à leur encontre pour avoir dénoncé publiquement leur supérieur; silence de personnalités de l’Eglise mexicaine et du Vatican; double vie du fondateur…

Son spectre suit à nouveau Benoît XVI qui, en mai 2006, avait forcé le fondateur des Légionnaires du Christ à se retirer dans une vie de prière et de pénitence, loin de tout ministère public. (apic/lavie/vaticaninsider/nt/aab/ggc)

23 mars 2012 | 16:54
par webmaster@kath.ch
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