Berne: L’Armée du Salut a redressé la barre de ses finances
L’organisation a revu sa politique d’investissements
Berne, 16 juillet 2010 (Apic) «l’Armée du Salut s’est remise de sa crise financière: Nous avons procédé à des changements dans notre politique financière afin de nous protéger davantage des fluctuations économiques». C’est ce qu’affirme le commissaire Kurt Burger, président et chef du territoire Suisse, Autriche et Hongrie, dans un communiqué accompagnant le rapport annuel 2009.
Ainsi, après une année 2008 calamiteuse au niveau des investissements, l’Armée du Salut de Suisse, Autriche et Hongrie, qui a son siège à Berne, a clairement redressé la barre. Ses comptes 2009 révèlent un résultat financier positif de plus de 16 millions de francs au niveau de ses investissements, alors que la crise financière avait provoqué une perte de près de 36 millions l’année précédente. Le capital de l’organisation a ainsi passé en une année de 111 millions à 135 millions de francs, comme le confirme l’Armée du Salut, contactée par l’Apic. Parmi les résultats positifs, l’organisation cite différents bénéfices: 2,5 millions des activités de ses entreprises, 16 millions dans les investissements financiers, 1,7 million au niveau immobilier et 3,3 millions issus de fonds à but déterminé.
Davantage de sécurité financière
«L’expérience accumulée par l’Armée du Salut durant la crise financière l’a amenée à retravailler sa politique de placements et à procéder à des investissements financiers qui présentent davantage de sécurité, afin qu’elle soit encore mieux préservée des fluctuations économiques. Les mesures concrètes que nous avons prises ont notamment consisté à augmenter fortement les liquidités et à réduire la part d’actions et d’obligations», a expliqué à l’Apic une des responsables nationales, Marianne Meyner, après s’être renseignée auprès du responsable des finances.
L’Armée du Salut Suisse, Autriche et Hongrie connaît des charges d’exploitation de plus de 162 millions de francs, dont 61,6% sont consacrés à l’œuvre sociale et l’aide aux réfugiés, alors que les frais administratifs représentent 5,7%. Au niveau des produits d’exploitation, les contributions du secteur public représentent 31% et les dons / legs 20,7%.
L’Armée du Salut relève qu’une bonne part de ses prestations est assurée par le travail bénévole. En 2009, ce sont ainsi 40’887 jours de travail qui ont été offerts par des volontaires.
Recherche de nouveaux membres
Le rapport annuel révèle une forte baisse du nombre de membres (de 4’300 à 3’888 en une année), qu’il faut toutefois relativiser. «On ne peut pas comparer le nombre de membres avec les chiffres de l’année dernière. Dans le rapport annuel ne figure que le nombre effectif de membres (salutistes, recrues, membres des cercles amis les plus étroits). Les années précédentes (2008 et avant) les ’soldats juniors’ (enfants) étaient comptabilisés», précise Marianne Meyner. Il et cependant exact que le nombre de membres est en léger recul depuis quelques années (26 de moins depuis l’an dernier). «Dans notre nouvelle stratégie, la recherche de nouveaux membres devient ainsi un thème important».
L’Armée du Salut compte cependant un nombre important de collaboratrices et de collaborateurs non membres. «Chez les personnes engagées dans des postes de direction ou dans le domaine de l’accompagnement, nous avons à cœur d’engager du personnel qui ont un lien avec la foi chrétienne. Mais dans les autres domaines (par exemple l’intendance, l’administration, …) nous sommes plus ouvert à ce sujet. Chaque employé doit toutefois, selon sa fonction, partager le modèle et les valeurs de l’Armée du Salut», explique Marianne Meyner.
Etre salutiste est-il compatible avec une appartenance à une Eglise chrétienne, comme l’Eglise catholique romaine ou réformée? «Oui, c’est possible. Une grande partie de nos membres appartiennent aussi à une Eglise nationale. Mais l’Armée du Salut attend de ses membres qu’ils fréquentent régulièrement ses célébrations et ses rassemblements, et qu’ils la soutiennent dans la pratique et au niveau financier», affirme Marianne Meyner, ajoutant: «Logiquement, la question de savoir s’il est sensé d’être membre de deux Eglises va apparaître. Mais nous laissons les gens décider eux-mêmes». (apic/bb)




