"La ‘Ndrangheta est l’œuvre du mal et du Malin", ont déclaré les évêques de Calabre (Photo: flickr/eneas/cc)
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Calabre: Les évêques condamnent fermement la 'Ndrangheta

L’organisation mafieuse est «l’œuvre du Malin»

Reggio de Calabre, 5 janvier 2015 (Apic) La ‘Ndrangheta est «contre la vie de l’homme et sa terre. Elle est, de toute évidence, l’œuvre du mal et du Malin», ont déclaré les évêques de Calabre dans une lettre pastorale sur la mafia locale, intitulée «Témoigner la vérité de l’Evangile».

«La ›Ndrangheta n’a rien de chrétien », assurent les évêques calabrais. « A travers une instrumentalisation de rites religieux et de formules qui singent le sacré, on crée comme une sorte de religiosité à rebours, une sacralité athée qui n’est qu’une négation de l’unique vrai Dieu». La lettre pastorale a été présentée le 2 janvier 2014 à Reggio de Calabre par le président et le vice-président des évêques calabrais, Mgr Nunnari et Mgr Milito, rapporte Radio Vatican. La ›Ndrangheta est «une organisation criminelle parmi les plus dangereuses et violentes. Elle se base sur des liens familiaux, qui rendent plus solide la loi du silence. En utilisant les liens du sang, ou construits à travers une religiosité tronquée, et le langage même d’actes sacramentels, les boss cherchent à se garantir obéissance, protection et fidélité. Là où elle s’enracine, cette mafia conditionne la vie sociale, politique, et économiques de notre terre», écrivent les prélats.

Incompatible avec l’être humain

« Avec la puissance de l’argent et des armes, soulignent les évêques, la ›Ndrangheta exerce son pouvoir, et comme une pieuvre, elle étend ses tentacules où elle peut, dans des affaires illicites, en recyclant de l’argent, en rendant esclaves les personnes et en s’emparant d’espaces de pouvoir. C’est un contre-Etat qu’elle crée dans les villages et les villes. Une contre-religion en quelque sorte, avec ses symboles et ses coutumes pour gagner la faveur des gens. Une structure publique de péché, parce qu’elle broie ses fils. L’appartenance à toute forme de criminalité, déclarent les évêques, ne peut être qu’un titre de déshonneur et de faiblesse, ainsi qu’une offense explicite à la religion chrétienne. C’est incompatible non seulement avec la vie religieuse, mais avec l’être humain en général».

Appel à combattre la criminalité organisée

Les évêques soulignent que si la Calabre est une région merveilleuse, riche de gens courageux et accueillants, c’est aussi une région frappée par le chômage, la corruption de toute part, une classe politique qui semble loin des vrais besoins de la population. D’ajouter que la criminalité a atteint désormais une dimension globalisée en trouvant dans certains secteurs de la politique et du pouvoir des collusions et des connivences au prix de pots de vin, faveurs, et achat de votes, «toutes choses que l’Eglise condamne».

Les évêques de Calabre exhortent la population à combattre cette ›Ndrangheta, ennemie de l’Evangile et de la communauté humaine, à sauver les jeunes qui sont tombés entre ses filets. A lui résister, et à la dénoncer. Les évêques publieront à ce propos, à l’usage des prêtres, un manuel très précis sur les attitudes à avoir face aux mafieux dans le quotidien. (apic/rv/rz)

«La ›Ndrangheta est l’œuvre du mal et du Malin», ont déclaré les évêques de Calabre
5 janvier 2015 | 11:20
par webmaster@kath.ch
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