Genève: Délégation chinoise au Conseil œcuménique des Eglises

L’unité des protestants chinois, ferment de la croissance rapide de la communauté

Genève, 9 décembre 2010 (Apic) Une délégation du Conseil chrétien de Chine (CCC) a rencontré le secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE), le 6 décembre à Genève. Il s’agissait de la quatrième visite du «Conseil de l’Eglise protestante chinoise» depuis sa création, en 1980.

L’unité des protestants chinois contribue remarquablement à la croissance rapide de l’Eglise dans le pays. Tel est le message adressé par le pasteur Kan Baoping, secrétaire général du Conseil chrétien de Chine, au Conseil œcuménique des Eglises.

En guise de bienvenue, le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, a relevé le rôle des chrétiens de Chine dans la création de l’institution œcuménique. Il s’est également réjoui d’une future coopération avec la nouvelle direction du CCC – élue en 2008. Selon Olav Tveit, le contexte chinois est «l’un des plus prometteurs pour l’avenir du christianisme.»

Pour la quatrième visite d’une délégation du CCC au Centre œcuménique de Genève, une table ronde avait été organisée par la Commission des Eglises pour les affaires internationales du COE. L’occasion, pour les représentants chinois, de s’exprimer sur trois thèmes, relatifs à la vie et au témoignage de l’Eglise: «Les politiques religieuses en Chine», «Le rôle de la religion dans la promotion d’une société harmonieuse» et «Le rôle de l’Eglise dans la Chine d’aujourd’hui».

L’âge d’or du christianisme chinois

D’après les membres du CCC, nous vivons aujourd’hui un âge d’or pour le développement des religions en Chine. Pour le pasteur Kan Baoping, l’Eglise protestante chinoise a connu une rapide croissance, car elle a su transcender les clivages dénominationnels (*), dans une culture où l’accent est traditionnellement mis sur les points communs et non sur les différences. L’évangélisation a également joué un rôle. D’abord, parce que chaque membre de l’Eglise a pour responsabilité de diffuser l’Evangile à sa famille et aux voisins, comme expression du sacerdoce de tous les croyants. Ensuite, parce que les méthodes d’évangélisation ont évolué: du simple bouche à oreille à l’engagement social, dans la prévention contre le SIDA ou la prise en charge des orphelins, par exemple.

La pasteure Zhang Shuilian, vice-présidente du Comité du Mouvement patriotique des Trois autonomies (**) pour la province de Hubei, a souligné l’image positive des chrétiens en Chine, fondée sur leur engagement social. Elle a indiqué que les Eglises urbaines disposent souvent de programmes spéciaux pour les travailleurs migrants, alors que les communautés des régions rurales prennent en charge les personnes âgées et les enfants laissés sur place par leurs familles parties chercher du travail en ville. Ce travail social contribue à la politique du gouvernement visant à maintenir une «société harmonieuse».

Enfin, au cours d’un service de prière avec le personnel du Centre œcuménique de Genève, le pasteur Gao Feng, président du CCC, a déclaré que l’Eglise était «une communauté de pécheurs qui pratiquent le pardon». Et d’ajouter: «Quand nous pardonnons, nous faisons l’expérience du pardon de Dieu; quand nous aimons, nous pouvons faire l’expérience de l’amour de Dieu.»

(*) Les dénominations sont des groupements d’Eglises dans le protestantisme. On peut citer par exemple les baptistes, les méthodistes ou encore les presbytériens.

(**) Le Mouvement patriotique des Trois autonomies a été fondé en 1950 par les protestants chinois. Il s’agissait alors de construire une Eglise indépendante, fondée sur les principes de la libre gouvernance, du soutien autonome et de la propagation. Depuis la fondation du CCC, les deux institutions travaillent en collaboration pour remplir la mission du christianisme chinois.

Encadré

Le Conseil chrétien de Chine (CCC)

Fondé en 1980, un an seulement après la réouverture des Eglises fortement éprouvées durant la Révolution culturelle (1966-1976), le CCC compte aujourd’hui quelque 19 millions de membres. L’institution ne reconnaît pas de distinction dénominationnelle en son sein et attend que les différences théologiques et liturgiques entre ses membres soient traitées selon le principe du respect mutuel. Ainsi, les croyants du CCC participent à des services religieux communs.

Durant ses trente années d’existence, le CCC a ouvert plus de 55’000 églises et lieux de rencontre, dont 70 % ont été construits à cet effet. Les priorités principales du Conseil sont aujourd’hui la formation des laïcs, la formation théologique et la distribution de Bibles. Depuis l’Assemblée de Canberra, en 1991, le CCC est membres du COE. (apic/com/amc)

9 décembre 2010 | 12:16
par webmaster@kath.ch
Partagez!