Rome: Le Vatican entend poursuivre le dialogue avec l’Université égyptienne Al-Azhar
L’Université cairote suspend ses relations avec Rome
Rome, 20 janvier 2011 (Apic) Le Saint-Siège a réitéré sa ligne d’ouverture et le désir de dialoguer avec l’Université musulmane égyptienne Al-Azhar, le 20 janvier. Cette dernière avait décidé, peu auparavant, de suspendre ses relations avec le Vatican, suite aux appels à défendre les minorités chrétiennes lancés par le pape aux gouvernants du Moyen-Orient.
Après la publication d’»un communiqué de l’Académie Al-Azhar pour le dialogue interreligieux, le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux est en train de rassembler les informations nécessaires en vue d’une bonne compréhension de la situation», a déclaré aux journalistes le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. «Quoi qu’il arrive, a ensuite précisé le père Federico Lombardi, la ligne d’ouverture et de désir de dialogue du Conseil pontifical reste inchangée».
Dans la matinée du 20 janvier, a indiqué le quotidien égyptien «Al Ahram» sur son site Internet, le grand imam de l’Université égyptienne Al-Azhar, Ahmed El-Tayyeb, et les membres de l’académie islamique ont annoncé leur décision de suspendre leur dialogue avec le Vatican pour une durée indéterminée. Les membres de l’Université ont voté à l’unanimité en ce sens. L’Université Al-Azhar est la plus haute autorité de l’islam sunnite.
Ingérence
Cette décision de l’Université cairote est motivée par la réaction du Vatican, et du pape en particulier, suite à l’attentat commis le 31 décembre dernier devant une église copte orthodoxe d’Alexandrie et qui avait fait 23 morts. Benoît XVI avait alors demandé aux responsables des nations un engagement concret pour protéger les chrétiens et condamné la stratégie de violences menée envers ces mêmes fidèles. Très vite, les propos du pape avaient été considérés comme une ingérence par l’imam d’Al-Azhar.
Les autorités égyptiennes, à leur tour, avaient évoqué une «ingérence inacceptable dans les affaires intérieures de l’Egypte». Le 11 janvier, Le Caire avait annoncé le rappel, pour consultations, de son ambassadeur près le Saint-Siège, Lamia Aly Hamada Mekhemar.
Les responsables de la diplomatie vaticane avaient aussitôt souhaité s’entretenir avec la diplomate et assuré que le Saint-Siège partageait «pleinement la préoccupation du gouvernement égyptien d’éviter l’escalade de l’affrontement et des tensions pour des motifs religieux».
Les accusations d’ingérence avaient été rejetées, sur place, par le nonce apostolique en Egypte. Le 10 janvier, devant l’ensemble du corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, Benoît XVI avait souligné une nouvelle fois l’urgente nécessité pour les gouvernements du Moyen-Orient de prendre des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses. Une dizaine de jours après l’attentat d’Alexandrie, il avait regretté que le terrorisme ait «frappé brutalement des fidèles en prière dans une église». (apic/imedia/cp/amc)




