La 11ème édition du rassemblement «Prier Témoigner», samedi et dimanche à Fribourg, a une nouvelle fois attiré une foule à la fois joyeuse et priante. Quelque 2’500 personnes, venues de tous les cantons romands, se sont retrouvées à l’Université pour un w
Pari réussi pour la nouvelle équipe de bénévoles qui a pris le relais de Daniel Pittet, l’organisateur des précédentes éditions. Composée de Claude Schenker, de Marie-Louise Zurkinden et de l’abbé Alain de Raemy, curé du Christ-Roi à Fribourg, l’équipe de préparation dresse un bilan positif. Le budget d’environ 60’000 francs – très faible pour un tel événement, grâce au bénévolat de dizaines de personnes ! – devrait être couvert par les entrées et les dons. Mais ce sont surtout les fruits spirituels qui réjouissent les organisateurs.
Des fruits spirituels et un message de solidarité humaine
La table ronde animée par le journaliste Jean-Philippe Rapp a permis la rencontre avec des témoins d’ici qui trouvent dans la Trinité la force de vivre. Ainsi Mère Hortense, l’ancienne abbesse de la Fille-Dieu, a révélé que, jeune, elle souffrait de solitude. Avec son humour coutumier, elle s’est adressé à Dieu en ces termes: «Ce n’est pas juste, vous êtes trois, et moi je suis seule!». Véritable «troubadour de Dieu», armé de sa guitare, le Brestois Patrick Richard a partagé à son tour un message de paix et de solidarité humaine: «Déposons les armes pour que vive l’Homme…», «On cause, on cause, mais on ne se parle pas».
Samedi soir, le spectacle théâtral et musical en l’honneur des 2000 ans de la naissance du Christ, écrit par l’abbé Jean-Pascal Vacher et préparé par le Mouvement des Jeunes des paroisses catholiques de St-Aubin-La Béroche-Bevaix et Boudry-Cortaillod, remplissait l’aula et le hall d’honneur. La fraîcheur et la spontanéité de la septantaine de jeunes neuchâtelois ont fait mouche. Dans le cadre de la préparation à la confirmation, ils montaient pour la première fois sur les planches. Dans le rôle de l’Enfant Jésus, Emma, une petite malgache de trois semaines. Sa «performance» a fait fondre le public.
La foule, dans une procession aux flambeaux, rangée derrière le Saint-Sacrement, s’est ensuite rendue pour une nuit d’adoration à l’église Sainte-Thérèse, où 18 prêtres ont confessé jusque vers une heure du matin. «Dans la société actuelle, on a besoin de moments de ressourcement; il suffit de voir le visage rayonnant des gens, certains sont transfigurés, des gens parlent de conversions…», soulignent les organisateurs à l’heure du bilan.
Dimanche matin, le Français Tim Guénard, un ancien brigand, a raconté son enfance de «mauvaise graine» et sa conversion salvatrice. Abandonné par sa mère, battu à mort par son père, la haine était devenue le moteur de sa survie: il ne voulait grandir que pour tuer son géniteur. La sincérité de son message de réconciliation, son éloge de l’amour et de la solidarité avec les plus pauvres ont secoué le public: la foule, debout, a applaudi durant de longues minutes.
Un nouvel élan missionnaire
L’apparente abstraction du thème – «La Trinité: Dieu trois fois saint» – n’a pourtant pas découragé le public venu parfois de loin. Jeunes et vieux, religieuses, prêtres et laïcs, familles avec enfants, groupes de confirmands, ont donné comme un air de JMJ à ce grand rassemblement chrétien manifestant la diversité des sensibilités ecclésiales.
L’évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr Bernard Genoud, présent tout au long de ces journées, parle de nouvel élan missionnaire: «Je crois que c’est maintenant que l’on vit les retombées du Concile Vatican II. Quelque chose a été semé, notamment au niveau des paroisses, il faut rendre grâce à ceux qui ont semé et qui ne récoltent pas souvent.» (apic/be)




