Sœur Nathalie Kangaji, du Centre d’aide juridico-judiciaire de Kolwezi, en RDC, est l'ambassadrice de la campagne 2019 | © Action de Carême
Suisse
Sœur Nathalie Kangaji, du Centre d’aide juridico-judiciaire de Kolwezi, en RDC, est l'ambassadrice de la campagne 2019 | © Action de Carême

La Campagne œcuménique de carême 2019 met les femmes à l’honneur

06.03.2019 par Jacques Berset

Pour ses 50 ans, la Campagne œcuménique de carême met les femmes à l’honneur. A l’occasion du jubilé du demi-siècle d’une campagne “unique au monde”, l’œuvre d’entraide catholique Action de Carême, son homologue protestante Pain pour le prochain et catholique-chrétienne Etre Partenaires mettent en lumière le rôle prépondérant des femmes en tant qu’actrices de la transition vers une économie au service de la vie.

Avocate congolaise incarnant cette mission, Sœur Nathalie Kangaji plongera le public suisse dans la réalité d’un pays qui regorge de ressources naturelles à l’heure de la mondialisation, notent les organisateurs de la campagne de carême.

50 femmes extraordinaires

La Campagne œcuménique offre un espace d’action et de réflexion en faveur d’un mode de vie durable et de l’établissement d’une justice sociale et écologique. Le slogan de cette année, “Ensemble avec des femmes engagées – ensemble pour un monde meilleur”, rend honneur aux femmes qui défendent leurs droits et ceux d’autrui, luttent pour une économie au service de la vie et œuvrent à l’avènement d’une nouvelle société.

A l’occasion de cette campagne anniversaire, les œuvres d’entraide chrétiennes ont réalisé un livret qui rend hommage à 50 femmes du monde et, à travers elles, à toutes les personnes engagées. Grâce à 50 témoignages porteurs d’espoir, le public peut découvrir le parcours de ces femmes extraordinaires. Les portraits seront exposés lors de la soupe de carême nationale du 13 avril sur la place de la gare de Berne.

Le vrai prix des matières premières

Malgré leur rôle essentiel au sein de l’économie mondiale, notamment à travers le tissage des liens sociaux et la prise en charge d’une grande partie des activités agricoles dans les exploitations familiales, les femmes sont sous-représentées à tous les niveaux de pouvoir. En particulier lorsqu’il s’agit de décider et de contrôler l’utilisation des ressources face à un modèle de développement basé sur une croissance matérielle infinie, le profit et la compétition, note la Campagne œcuménique.

Bernd Nilles, directeur d’Action de Carême, avec Tiziana Conti, responsable de la communication d’AdC pour la Suisse romande | © Jacques Berset

Qu’il s’agisse de minéraux, de métaux, de produits agricoles ou de ressources énergétiques, l’exploitation de matières premières a des conséquences dramatiques pour la population de nombreux pays, dont les moyens de subsistance sont compromis, voire détruits. “Terres accaparées, accès à l’eau perdu, fleuves pollués, discriminations et intimidations sont monnaie courante”.

Les partenaires locaux d’Action de Carême, Pain pour le prochain et Etre Partenaires sont nombreux à témoigner de ces conséquences catastrophiques, auxquelles s’ajoutent les exactions dont sont victimes en particulier les femmes. En effet, les actes de violence subis par ces dernières augmentent de façon inquiétante en périphérie des mines et des plantations.

Regards croisés entre la RDC et la Suisse

Sœur Nathalie Kangaji, avocate et coordinatrice du Centre d’aide juridico-judiciaire (CAJJ) de Kolwezi, en République démocratique du Congo (RDC), est l’ambassadrice de la campagne du 19 au 31 mars. Son témoignage, et une série d’événements dans plusieurs cantons de Suisse romande, mettront en lumière les enjeux liés à l’extraction des matières premières par des entreprises suisses. Ils montreront leurs conséquences sur les droits humains et environnementaux dans les pays où leurs filiales sont implantées.

En RDC, Sœur Nathalie donne une voix aux personnes qui luttent quotidiennement contre les impacts négatifs des multinationales. En Suisse, elle fera part de sa vaste expérience de terrain et des succès obtenus en partageant sa vision ainsi que des pistes d’action avec des personnalités helvétiques invitées pour l’occasion. “Alors que personne ne croyait à notre réussite, même si la loi était de notre côté, nous avons obtenu, après trois ans de négociations, une indemnisation pour une communauté dont les champs avaient été pollués par une grande entreprise minière internationale”, révèle-t-elle.

Pour marquer le 50e anniversaire de la Campagne œcuménique, le public est convié à partager une soupe de carême nationale le 13 avril à Berne. A cette occasion, il pourra découvrir une exposition de 50 portraits de femmes engagées, d’ici et d’ailleurs.

La Campagne œcuménique: informer et agir

Depuis 1969, Pain pour le prochain, l’organisation de développement des Eglises protestantes de Suisse, et Action de Carême, celle de l’Eglise catholique, œuvrent ensemble. “Le temps du Carême ou de la Passion, la Campagne œcuménique est devenue le symbole d’une solidarité authentique et du partenariat œcuménique”. Depuis 1994, Etre Partenaires, l’organisation de l’Eglise catholique-chrétienne, y participe aussi. Chaque année, les trois organisations convergent autour d’un sujet de politique de développement ou de société qu’elles portent à la connaissance du grand public.  (cath.ch/be)


Ferdinand Luthiger (à g.) et Antonio Hautle, à Berne, lors des 50 ans de la campagne œcuménique de carême, le 13 avril 2019 | © Jacques Berset

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