La canonisation d’Edith Stein ne blesse pas les sentiments des juifs
Pour l’historien bâlois, spécialiste du judaïsme Ernst Ludwig Ehrlich, la canonisation d’Edith Stein ne blesse pas les sentiments des juifs. «Il ne s’agit pas d’une récupération», a-t-il déclaré à l’APIC. L’Eglise catholique a le droit de canoniser Edith Stein car elle est morte comme martyre catholique. La religieuse a partagé la communauté de destin du peuple juif, mais elle n’appartenait plus au judaïsme. En ce sens, aux yeux d’Ernst Ehrlich, elle ne peut pas être un pont entre juifs et chrétiens. Pour un juif, sa voie ne peut pas être empruntée, mais elle doit être respectée. L’historien, par ailleurs vice-président d’honneur pour l’Europe de la Ligue anti-diffamatoire juive B’nai B’rith, refuse aussi de lier cette canonisation à l’affaire des croix d’Auschwitz. L’attitude d’un petit groupe d’extrême droite ne peut pas être assimilé à celle des catholiques polonais.
Grand Rabbin de Vienne Paul Chaim Eisenberg a quant à lui un sentiment mitigé face à la canonisation d’Edith Stein. «Elle n’a pas été conduite au camp de concentration parce qu’elle était religieuse, mais bien parce que née juive.» On peut donc comprendre que certains juifs ne soient pas très heureux de cette démarche. Jean Paul II, pour qui les rapports entre l’Eglise, les chrétiens et la Shoah sont vraiment une préoccupation personnelle, entend donner un signe positif, admet cependant le rabbin.
(apic/kna/mp)



