Sylvie Perrinjaquet, préside la CECAR depuis sa création en 2016 | © Maurice Page
Suisse

La CECAR a poursuivi son travail en 2020 malgré la pandémie

La Commission Ecoute-Conciliation-Arbitrage-Réparation (CECAR) a communiqué, le 28 juillet 2021, son rapport d’activité 2020. Outre l’accompagnement auprès des victimes d’abus sexuels en contexte ecclésial, la CECAR a, malgré la pandémie de covid-19, poursuivi son travail de sensibilisation et de communication sur les abus sexuels commis en Eglise.

«Notre activité a fonctionné au ralenti, mais nous avons tout mis en œuvre au niveau du suivi des dossiers afin que cette pandémie péjore le moins possible les attentes des victimes», indique Sylvie Perrinjaquet, présidente de Commission Ecoute-Conciliation-Arbitrage-Réparation (CECAR), en préambule du rapport d’activité 2020.

Le rapport d’activité fait état de cinq nouvelles demandes reçues en 2020. «Nous avons traité au total onze dossiers durant l’année dont six ont pu être clôturés», indique la CECAR. Le nombre des dossiers traités concerne sept femmes et dix hommes.

Peu de requêtes

C’est peu au regard de la commission mais «le nombre peu élevé de requêtes s’explique par le fait que certaines personnes s’adressent directement aux Commissions diocésaines et par le fait que beaucoup de personnes n’ont jamais parlé des abus sexuels qu’elles ont subi et qu’elles ne souhaitent pas ›remuer le passé’ en évoquant ce vécu douloureux et traumatique».

«Notre mode de traitement des dossiers est rodé, mais, déplore la commission, nous restons dépendants de demandes de complément d’information et du manque de suivi avec nos partenaires que sont les congrégations». Le rapport d’activité ajoute que «l’accès aux archives est difficile voire pratiquement impossible. Nous sommes témoins d’une opacité dans la passation des renseignements».

Création d’une fondation CECAR

Autre fait marquant, l’année 2020 a vu la création d’une Fondation CECAR, «ce qui permet d’accorder une autonomie complète dans la gestion des activités de la Fondation vis-à-vis de l’Eglise catholique», précise le raport d’activité.

La mission de la Fondation ne change pas. Elle continuera à accueillir des personnes victimes en les accompagnant dans leur démarche et en leur accordant le temps nécessaire pour répondre à leurs demandes et obtenir reconnaissance et réparation, indique la CECAR.

Communication et sensibilisation

La commission a continué son travail de communication et de sensibilisation aux abus sexuels commis en contexte ecclésial ainsi que le travail de mémoire. En témoigne la cérémonie, organisée par le diocèse de Sion, le 22 février 2020 pour la pose d’une plaque commémorative en faveur des victimes d’abus sexuels à la chapelle du Closillon à Monthey (VS).

Trois personnes victimes d’abus sexuels ont pu témoigner de ce qu’elles ont vécu à l’occasion d’une conférence de presse organisée le 17 septembre dernier. Une délégation du Conseil et des comités CECAR a participé, le 9 décembre 2020, à Zürich à la traditionnelle journée de la Commission d’experts «Abus sexuels dans le contexte ecclésial».

Le Conseil élargi, constitué du Conseil et de Jacques Nuoffer, président du groupe SAPEC et de Mgr Charles Morerod, évêque du Diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a siégé deux fois, en virtuel, cette année. «Jacques Nuoffer et Mgr Charles Morerod ont un pouvoir consultatif. Ces séances permettent de faire le point sur l’avancement du travail de la CECAR et les difficultés rencontrées», précise le rapport.

Le Conseil CECAR et les Comités ne se sont toutefois pas réunis l’année dernière. Les décisions du Conseil fédéral ne permettant pas un regroupement à l’intérieur en présentiel. (cath.ch/com/bh)

La CECAR a été créée en janvier 2016 à l’initiative du groupe SAPEC et des institutions catholiques avec le soutien de parlementaires suisses. C’est une commission neutre et indépendante des autorités de l’Église catholique, chargée d’offrir aux victimes un lieu d’écoute, d’échange et de recherche d’une conciliation avec l’abuseur, à défaut avec son supérieur hiérarchique, en vue notamment d’une réparation financière. La CECAR agit dans la plus stricte confidentialité.

Sylvie Perrinjaquet, préside la CECAR depuis sa création en 2016 | © Maurice Page
28 juillet 2021 | 10:08
par Bernard Hallet
Abus sexuels (855), CECAR (15), Mgr Morerod (16), Pédophilie (137)
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