Vietnam: Vives tensions entre les forces de l’ordre et les bouddhistes Hoa Hao
La célébration de la mort du fondateur de la communauté a été interdite
Hanoï, 27 mars 2014 (Apic) De très vives tensions se sont formées ces dernières semaines entre la communauté bouddhiste vietnamienne Hoa Hao et les forces de la sécurité publique. Des fidèles se sont fait notamment arrêter et maltraiter alors qu’ils s’apprêtaient à célébrer l’anniversaire de la mort du fondateur de leur communauté, Huynh Phu Sô.
Des actions policières, accompagnées de violences, de saccage de biens et de nombreuses arrestations ont été menées contre les fidèles Hoa Hao, indique le 27 mars 2014 Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. La cérémonie de commémoration de la mort de Huynh Phu Sô a été interdite. Un communiqué signé par des représentants de diverses religions au Vietnam (bouddhisme, caodaïsme, catholicisme, protestantisme) vient de dénoncer cette répression religieuse.
Les bouddhistes Hoa Hao avaient prévu de célébrer, le 20 mars 2014, l’anniversaire de la mort de leur fondateur, dans une maison privée de la province de Dong Thap, au sud-ouest du Vietnam. Deux jours avant cette date, une délégation gouvernementale est venue sur les lieux avertir que cette célébration était strictement interdite sous peine de sanctions graves. Les fidèles n’ayant pas tenu compte des injonctions, quelque 300 agents ont investi la maison. La trentaine de fidèles présents sur les lieux, parmi lesquels une vieille dame de 80 ans, ont été arrêtés de façon brutale.
Intimidations
Le 11 février 2014, une délégation de 21 personnes, essentiellement des fidèles Hoa Hao, s’était rendue dans la même commune, pour rendre visite à la famille d’un coreligionnaire récemment victime des violences de la Sécurité publique. Sa maison avait été saccagée, l’autel familial profané, et lui-même emprisonné pendant deux jours.
La délégation n’était pas arrivée à destination qu’une troupe d’un millier de personnes, composée d’agents de la sécurité et d’hommes de main s’est jetée sur les membres de la délégation, les frappant et les dépouillant de leurs biens, pour finalement les arrêter. Les fidèles ont été presque tous relâchés, après avoir été détenus sans nourriture ni boisson pendant deux jours. (apic/eda/rz)



