La cérémonie du 12 mars ne peut prendre l’allure d’une «autoflagellation spectaculaire»

Prenant la parole au cours de la conférence de presse du 7 mars, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, est intervenu en tant que président de la Commission théologique internationale qui a rédigé le document «Mémoire et réconciliation, l’Eglise et les fautes du passé» ­ publié en France le 1er mars -, qui explique le sens de cette démarche.

«L’Eglise du présent ne peut se constituer comme un tribunal vis-à-vis de l’Eglise du passé», a-t-il alors expliqué. «Mais elle peut chercher à `fairé la vérité, c’est-à-dire à ne pas nier les fautes du passé, sans pour autant adopter une attitude de fausse humilité en s’attribuant des fautes historiquement non prouvées».

Autre explication: l’acte du 12 mars ne peut prendre l’allure d’une «autoflagellation spectaculaire, et encore moins être observée comme d’un balcon avec quelque curiosité malsaine». Il a présenté l’événement comme «l’un des grands moments de l’année jubilaire». «Seuls ceux qui aiment profondément l’Eglise sont capables de porter sur elle un regard lucide et fort, a-t-il ajouté. «Ceux de l’extérieur risquent de ne pas saisir le sens proprement religieux d’un geste de repentance».

«Quelque chose a changé au début de l’époque moderne, a-t-il fait remarquer, quand le protestantisme a créé une nouvelle historiographie de l’Eglise avec le but de montrer qu’elle était totalement corrompue et détruite». «La situation s’est aggravée avec les accusations des Lumières», a poursuivi le cardinal Ratzinger, en citant Voltaire, puis en évoquant «la croissance de ces accusations jusqu’à Nietzsche, où l’Eglise apparaît comme le grand mal de l’humanité, qui porte en elle toute la culpabilité, qui détruit et empêche le progrès».

«Les vrais péchés de l’Eglise étaient grossis en véritables mythologies, a-t-il alors affirmé, de telle sorte que toute l’histoire des croisades, de l’inquisition et de la sorcellerie se conformait à une unique vision de la négativité absolue de l’Eglise».

«Du coup, l’Eglise s’est sentie d’autant plus contrainte de montrer que, malgré des éléments négatifs comme ceux-ci, elle est toujours l’instrument du salut et du bien, et non de la destruction de l’humanité, a enfin expliqué le cardinal. «Aujourd’hui, nous sommes dans une situation nouvelle», a-t-il conclu. «L’Eglise peut revenir avec une plus grande liberté à la confession des péchés, et ainsi également inviter les autres à leur confession, et donc à une profonde réconciliation». (apic/imed/pr)

12 mars 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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