Taiwan comme une barrière

La Chine rejette la proposition de dialogue du Vatican

Rome, 24 mars 1999 (APIC) Le Saint-Siège invite la Chine au dialogue, mais les autorités chinoises ne semblent pas vouloir saisir l’occasion. Pékin rejette la proposition de dialogue émise par le Vatican et dresse deux barrières: Taiwan, et l’ingérence, selon la Chine, de l’Eglise dans les affaires intérieures chinoises.

Les déclarations du «ministre» des Affaires étrangères du Vatican, Mgr Jean-Louis Tauran, qui assurait en début de semaine que l’on pouvait trouver des solutions à travers un dialogue direct aux problèmes qui existent entre la République populaire de Chine et le Vatican, ne soulèvent pas l’intérêt du gouvernement de Pékin.

La réponse du gouvernement chinois n’a pas tardé. Selon Zhu Bang Zao, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, le dialogue ne pourra commencer que lorsque le Saint-Siège aura rompu toutes relations avec Taiwan et lorsqu’il aura cessé de s’ingérer dans les affaires intérieures chinoises. Zhu Bang reprend exactement les termes utilisés par le préésident chinois, Jiang Zemin, actuellement en visite officielle en Italie.

Notre gouvernement, souligne une nouvelle fois Zhu Bang, accorde une grande importance au dialogue avec le Saint-Siège, mais maintenant il faut passer aux actes». La Chine demande, dans la pratique, que le Vatican interrompe ses relations avec Taiwan sans toutefois donner des garanties concernant l’ouverture d’une nonciature à Pékin. La Chine reste en effet «préoccupée» par l’ingérence de l’Eglise dans ses affaires intérieures.

La Chine considère en effet que le Vatican s’immisce dans ses «affaires intérieures» en nommant les évêques catholiques. Il s’agit, aux yeux de la Chine, d’une «ingérence» illicite car le gouvernement de Pékin s’est attribué cette prérogative, comme avec l’Association patriotique, l’Eglise chinoise créée et contrôlée par le régime communiste.

Les déclarations du ministre des Affaires étrangères confirment le pessimisme que les évêques chinois clandestins ont exprimé ces derniers jours. Mgr Zeng Jingmu, âgé de 8 ans (qui a payé sa fidélité au Saint-Siège par 32 ans de prison) a confessé qu’il n’existe aucune possibilité de dialogue entre le Vatican et la Chine. «Le Parti Communiste veut tout contrôler, y compris l’Eglise», a-t-il déclaré de son domicile encerclé par la police, à Hangpu, dans la région de Jiangxi.

Mgr Matías Duan Yinmin, âgé de 92 ans, nommé par le pape évêque de Wenxian, dans la région de Sichuan, mais également reconnu par l’Eglise patriotique, considère de son côté que la situation s’est améliorée ces trois dernières années, mais l’ouverture du dialogue avec le Vatican reste très difficile». (apic/zenit/pr)

24 mars 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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