«La chute du communisme a renforcé la foi de Jean Paul II»

Rome: Interview du cardinal Amato de la Congrégation pour les causes des saints

Rome, 28 avril 2011 (Apic) La foi de Jean Paul II a été «encore renforcée» avec la chute du communisme, soutient le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, à quelques jours de la béatification du pape polonais. Dans une interview publiée par le quotidien français Le Figaro le 28 avril, le prélat confie également que Karol Wojtyla était un «homme d’expansion» et voulait «la diffusion de la paix pour unir tous les peuples».

Jean Paul II «a vu l’écroulement du régime communiste que l’on croyait indestructible» et «sa foi en a été encore renforcée», a ainsi soutenu le cardinal Amato. Et d’ajouter : «Pour lui, c’était l’action de la Providence sur l’histoire».

Selon le préfet de la Congrégation pour les causes des saints, l’un des points forts de la béatification de Jean Paul II est sa grande personnalité qui a été «examinée de façon scrupuleuse». «Avant d’être pape, a rappelé le prélat, il a vécu sous un régime communiste où tout était sous contrôle… Puis, comme pape, il était lui aussi ›sous contrôle’ si l’on peut dire car il n’avait plus une minute personnelle à lui». «Nous n’avons donc eu aucun problème de recherche, nous avions là beaucoup d’archives disponibles», a-t-il poursuivi.

Aux yeux du cardinal italien, Jean Paul II a «pratiqué les vertus de foi, de charité et d’espérance avec héroïcité», et son enseignement «a couvert tous les points sensibles et possibles de la doctrine catholique».

A chaque zone d’ombre, une réponse claire

Interrogé sur la réunion interreligieuse d’Assise (Italie) d’octobre 1986 – controversée dans les milieux traditionalistes -, le cardinal Amato a confié que Jean Paul II était un «homme d’expansion». Selon le prélat, le pape polonais «ne s’attachait pas aux limites et allait à l’essentiel». «Homme de paix, il voulait la diffusion de la paix pour unir tous les peuples».

A propos de la double vie du fondateur des Légionnaires du Christ, le cardinal Amato a soutenu que la cause de béatification concernait le pape et «non ses collaborateurs». Il a ensuite tenu à préciser que la Congrégation pour la doctrine de la foi qui gérait le dossier du père Marcial Maciel Degollado (1920-2008) avait certifié à la Congrégation pour les causes de saints que «Jean Paul II n’était pas du tout informé de cela». Et d’ajouter : «Dès 2001, Jean Paul II avait établi des mesures strictes pour que les prêtres pédophiles soient suspendus». Selon le cardinal Amato, Jean Paul II «était très attentif et très sévère sur le sujet».

Répondant aussi à une question concernant la Polonaise Wanda Poltawska, une amie d’enfance de Jean Paul II ayant publié en 2009 de nombreux échanges épistolaires avec le pape, le cardinal Amato a assuré que «leur correspondance relevait de lettres entre un directeur spirituel et sa fille spirituelle». Le prélat a en outre soutenu que toutes les questions qui pouvaient laisser une zone d’ombre avaient trouvé une réponse claire.

Revenant également sur le sens du slogan ›santo subito’, ›saint tout de suite’, lancé lors des obsèques du pape polonais, le cardinal Amato a expliqué que ce n’était «pas le ›subito’, au sens de l’urgence, qui avait prévalu mais plutôt la certitude que ce cri traduisait: ›santo sicuro’, ›c’est sûr, il est saint’!». Aux yeux du prélat, l’important est donc de donner à l’Eglise, et au monde, la certitude morale que la procédure canonique a été suivie en tout point selon les normes en vigueur. Abordant enfin le sujet de la vénération des reliques du pape polonais, le cardinal Amato a mis en garde contre les «exagérations» et le «fanatisme». (apic/imedia/lb/mp)

28 avril 2011 | 14:20
par webmaster@kath.ch
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