Lucerne: L’évêché de Bâle critique envers l’action de distribution de préservatifs
La communication autour de l’événement considérée comme un échec
Lucerne, 3 novembre 2010 (Apic) L’évêché de Bâle considère que la communication autour de l’action controversée de l’Eglise catholique de la ville de Lucerne est un échec. Du 25 au 27 octobre, il était possible de visiter, sur la place de la gare, l’exposition itinérante sur le HIV et le Sida «Aids-Trucks» de Missio. En parallèle de l’exposition, des collaborateurs de l’Eglise discutaient avec les jeunes gens d’un rapport responsable à la sexualité. Dans le cadre de ces discussions, des préservatifs ont également été proposés, près de 300 d’après Florian Flohr, chargé de communication de l’Eglise de la ville de Lucerne.
L’évêché de Bâle décrit les actions de Missio et de l’Eglise de la ville de Lucerne comme «positives en soi», dans un communiqué de presse paru le 2 novembre. Il souligne toutefois qu’à aucun moment des préservatifs n’ont été «activement» distribués. Le préservatif faisait figure d’option de dernier recours, discuté uniquement en lien avec le Sida et non en relation avec la contraception. Cependant, «l’image de l’action a été clairement biaisée par certains initiants», remarque l’évêché de manière critique.
Une provocation inutile
L’évêché critique en particulier la publicité faite à l’action par les flyers, communiqués, apparitions dans les médias et emballages de préservatifs. Des acteurs isolés ont donné l’image d’une Eglise lucernoise qui distribue des condoms. L’évêché se distance tout particulièrement des emballages de préservatif avec l’inscription «Eglise catholique de Lucerne» qu’il qualifie de «provocation inutile». Tous les prêtres et les responsables pastoraux n’ont pas approuvé cette inscription. De plus, en s’étant laissés filmer en distribuant des préservatifs, certains représentants ont donné une image de l’action limitée, uniquement focalisée sur les condoms.
«Protège ton prochain comme toi-même»
Avec le slogan «Protège ton prochain comme toi-même», l’impératif de l’amour du prochain a été transformé en règle relationnelle impersonnelle. «Le but principal semble être une haute protection de la personne, alors qu’une discussion plus profonde et également spirituelle dans le sens chrétien n’est pas du tout exigée. La compréhension d’une sexualité décente telle qu’entendue par l’Eglise était, dans un tel contexte, vouée au naufrage», s’inquiète l’évêché de Bâle.
L’Eglise catholique de la ville de Lucerne s’était montrée elle-même critique sur certains aspects à la fin de l’action. Si c’était à refaire, les initiants n’agiraient pas autrement mais décriraient mieux leurs objectifs; «c’est-à-dire faire du préservatif une incitation à la réflexion», selon Florian Flohr. (apic/com/gs/amc)



