Brésil: Campagne de l'Eglise contre le trafic humain durant la Coupe du monde de football
La Conférence des Religieux va sensibiliser les spectateurs dans les villes hôtes
Brasilia, 17 février 2014 (Apic) La Conférence des religieux catholiques du Brésil (CRB) a rappelé, vendredi 14 février, son intention de mener une campagne de prévention contre le trafic humain dans la perspective de la Coupe du monde de football qui aura lieu du 12 juin au 13 juillet prochain dans le pays. Intitulée «Jogua a favor da vida» (Jouer pour la vie), cette action de sensibilisation a pour objectif de contribuer à la prévention contre le trafic de personnes et en particulier contre l’exploitation sexuelle.
Cette campagne a été élaborée en collaboration avec le réseau «Un cri pour la vie», qui regroupe plus de 150 religieux de diverses congrégations, travaillant à la prévention du trafic d’êtres humains au Brésil. La campagne sera lancée le 18 mai prochain dans l’ensemble des 12 villes qui vont accueillir la compétition. La CRB, qui compte aujourd’hui plus de 30’000 religieux consacrés, a indiqué qu’elle allait mobiliser ses forces pour travailler en amont et pendant la totalité de l’évènement.
«Il s’agit d’une campagne de prévention et d’information», a expliqué Soeur Eurides de Oliveira, Coordinatrice du réseau «Un cri pour la vie». «Nous allons distribuer des dépliants pour rappeler au public en quoi consiste le trafic humain». Ce matériel sera distribué dans les gares routières, les bus, les aéroports et les hôtels des villes hôtes des matches de la Coupe du monde.
Un «business» de 32 milliards de dollars
Soeur Eurides a précisé que des dizaines d’enfants, d’adolescents et d’adultes étaient chaque année, au Brésil, victimes du trafic humain. Cette criminalité génère, dans le monde, 32 milliards de dollars par an de bénéfices pour les trafiquants. Cette activité, a t-elle poursuivi, atteint des sommets lors des évènements planétaires comme la Coupe du monde de football.
Bien que les statistiques soient difficiles à établir, selon le Secrétariat national de la justice et le Bureau des Nations Unies pour la lutte contre la drogue et le crime (UNODC), près de 500 Brésiliennes et Brésiliens auraient été victimes du trafic humain entre 2005 et 2011. 337 personnes, soit plus de 70% des cas, auraient alimenté des réseaux d’exploitation sexuelle et 135 auraient été victimes de travail esclave.
Selon la Coordinatrice, de nombreuses entités brésiliennes luttant contre le trafic de personnes se sont jointes à cette campagne. Parmi elles, figurent plusieurs universités, l’œuvre d’entraide catholique Caritas International et le ministère de la Justice. (apic/jcg/rz)



