Guatemala: Deux militants des droits de l’homme abattus
La corruption omniprésente dans le pays
Guatemala, 21 février 2010 (Apic) L’Organisation non gouvernementale «Unité des défenseurs de droits de l’homme du Guatemala» (Edefegua) vient de dénoncer le meurtre de deux de ses militants, quelques jours après l’enlèvement et l’assassinat le 11 février de Germán Antonio Curup, leader communautaire de San Juan Sacatepéquez, où il était engagé aux côtés des paysans sans terres.
L’avocat indigène maya Juan Antonio Chen, collaborateur auprès de l’Office des droits de l’homme de l’archevêché de Guatemala, a été abattu par balle mercredi par des individus non identifiés dans le département septentrional de Cobán. Le même jour, Octavio Roblero, leader du Front de résistance pour les ressources naturelles, était assassiné par des inconnus à Malacatán, dans le département septentrional de San Marcos, à la frontière du Mexique.
En plus de ces trois meurtres, une dizaine de militants pour les droits de l’homme auraient subi depuis le début de l’année des agressions qui, dénonce l’Ong, seraient toujours impunies. Au cours des 10 dernières années, les personnes engagées dans la lutte contre les violations des droits de l’homme auraient été victime de 2’000 agressions, faisant plus d’une centaine de morts. L’année 2009 s’est avérée l’une des plus violentes en enregistrant plus de 350 agressions, dans un pays où la criminalité est massivement infiltrée jusqu’à l’appareil de l’État, comme l’indiquent les enquêtes menées par la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (Cicig), fondée sous l’égide l’Onu et opérationnelle depuis janvier 2008. Ces enquêtes ont amené l’an dernier la destitution du procureur général et le licenciement de 1’700 agents de police dans tout le pays. (apic/misna/js)



