«La crise israélo-palestinienne est la mère de toutes les crises aux Proche- Orient»
Le cardinal Tauran met les points sur les «i»
Rome, 1er avril 2004 (Apic) Le Saint-Siège est convaincu que la crise israélo-palestinienne est la mère de toutes les crises aux Proche-Orient, a déclaré le cardinal Jean-Louis Tauran, archiviste et bibliothécaire du Saint-Siège et ancien secrétaire pour les relations avec les Etats. Une déclaration faite le 31 mars à Rome lors de la présentation du livre de Jim Nicholson, ambassadeur des Etats-Unis près le Saint-Siège, «USA et Saint-Siège, le long chemin».
Le cardinal a ainsi souhaité revenir, à titre personnel, sur la question de la Terre Sainte, étrangement absente du livre de l’ambassadeur américain.
«Je peux témoigner que le sujet a été au centre de toutes les conversations que Jean Paul II, ses secrétaires d’Etat et leurs collaborateurs, ont eu avec les autorités américaines ces dernières années, avec une référence particulière aux Lieux saints», a insisté le cardinal Tauran devant de nombreux ambassadeurs près le Saint-Siège invités à la conférence.
Pour l’ancien secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, «il convient que les deux partis (Israéliens et Palestiniens, ndlr) reprennent sans tarder le dialogue et la négociation avec l’aide de la communauté internationale». Toujours à titre personnel, le cardinal estime que «la paix en Terre Sainte pourrait entièrement transformer la région. Elle pourrait dégager les énergies et les ressources pour le développement économique, elle pourrait renforcer la société civile et la démocratie de ces sociétés, elle pourrait aussi éliminer tout motif d’action violente pour les extrémistes qui se nourrissent du désespoir des déshérités et enfin favoriser un dialogue pacifique entre les religions, évitant ainsi l’exode des chrétiens».
Interrogé plus tard par I’Apic sur le traitement de la question de la Terre Sainte par le Saint-Siège et les Etats-Unis, le cardinal Tauran a répondu que leurs positions «sont substantiellement les mêmes». «Mais ce qui manque aux Etats-Unis, c’est une connaissance du droit et de l’histoire. Nous avons une autre approche sur la question des Lieux saints. Les Etats-Unis sont moins sensibles à cet aspect, car ils ont d’autres intérêts et connaissent une forte pression de la part des lobbies juifs américains».
Puissance morale désarmée
Lors de sa conférence, le cardinal français a également souligné les priorités que le Saint-Siège, «puissance morale désarmée», peut développer dans la communauté internationale. Il s’agit de la «promotion de la confiance», du «rappel de la nécessité du dialogue», du «respect du droit», de «la négociation de solutions égales», puis «du dépassement des passions et des préjugés», suivi de «l’aide à l’adoption de mesures ponctuelles qui pavent la voie vers la résolution des problèmes les plus difficiles» et enfin «de l’exploitation du potentiel de paix des religions».
Le cardinal Jean-Louis Tauran est l’un des préfaciers, avec Colin Powell, secrétaire d’Etat américain, du livre de Jim Nicholson. Le cardinal Tauran a regretté au cours de la conférence de presse, que la Terre Sainte n’apparaisse pas sous la plume du diplomate. (apic/imedia/pr)



