Afrique du Sud: L’ANC a laissé tomber le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud

La cuisine interne au goût de clientélisme électoral: Eglises divisées

Le Cap, 11 octobre 2009 (Apic) Des responsables du SACC estiment que «l’ANC a marginalisé le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud au profit du Congrès national des dirigeants interreligieux du pasteur Ray McCauley». Parce que le SACC, relèvent-ils, refuse de caresser l’ANC dans le sens du poil.»

Il fut pourtant un temps où le gouvernement d’apartheid en Afrique du Sud disait que le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud (SACC) était le Congrès national africain (ANC) en prière. C’était à l’époque où le rassemblement d’Eglises était l’un des fers de lance de la lutte contre le racisme et la domination de la minorité blanche dans le pays.

Les anciens secrétaires généraux du SACC, que le Parti national du régime d’apartheid détestait, ont été des figures emblématiques de la lutte pour la libération de l’Afrique du Sud. Parmi eux on peut citer le lauréat du prix Nobel de la paix l’archevêque Desmond Tutu, ainsi que le pasteur Frank Chikane, que des agents du gouvernement ont un jour tenté de tuer en imbibant ses vêtements de poison. Le pasteur Chikane est devenu par la suite une éminente personnalité du bureau présidentiel après l’abolition de l’apartheid.

Il convient également de citer le pasteur Mvume Dandala, personnalité phare de la lutte contre l’apartheid, qui a commencé sa vie de militant dans le cadre du Mouvement de la conscience noire. Aujourd’hui, le pasteur Dandala est à la tête d’un parti d’opposition dénommé Congrès du peuple (Cope).

Le SACC rassemble des Eglises des traditions catholique romaine, orthodoxe, protestante et anglicane, regroupant ainsi la majorité des chrétiens traditionnels d’Afrique du Sud. Selon le Mail and Guardian, l’ANC a puni le SACC pour avoir refusé de soutenir le parti au pouvoir et pour ne pas lui avoir fourni la liste de ses membres en vue de l’élection générale d’avril 2008. Lors de cette élection, l’ANC n’a pas réussi à obtenir la majorité des deux tiers qu’il lui fallait pour modifier la Constitution nationale.

Le Conseil national des dirigeants interreligieux est constitué d’environ 25 responsables religieux, issus d’Eglises chrétiennes, de religions traditionnelles africaines et de la communauté musulmane. C’est le pasteur McCauley, de l’Eglise Rhema, qui est à la tête du Conseil. Le soutien qu’il accorde au président actuel de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma, n’est un secret pour personne. Pour certains observateurs, le rôle de ce nouveau Conseil interreligieux, créé en juillet, est identique à celui du SACC. (apic/eni/pr)

11 octobre 2009 | 09:32
par webmaster@kath.ch
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