La décision de tuer «ne peut être déléguée à une machine»

Genève: Le Vatican s’élève contre les armes létales autonomes

Rome, 14 mai 2014 (Apic) La décision de vie et de mort sur les personnes «ne peut être déléguée à des machines», a affirmé le 14 mai 2014 Mgr Silvano Tomasi, représentant permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève. Interrogé par Radio Vatican peu après son intervention à l’ONU sur les armes létales autonomes, le diplomate s’est également inquiété de la prolifération des drones, susceptible à ses yeux de causer une course internationale à ce type d’armement.

Selon Mgr Tomasi, le point-clé concernant ce type d’armes est que «l’on ne peut déléguer aux machines une décision concernant la vie et la mort d’être humains». A ses yeux, il faut que l’élément rationnel et la capacité de jugement moral demeure toujours présents, ce qui n’est pas le cas lorsque l’on utilise des appareils autonomes. «Même en supposant que l’on puisse développer une sorte d’intelligence artificielle, a-t-il poursuivi, on n’arriverait jamais à la capacité d’examiner les situations et donc à élaborer un véritable jugement éthique».

La peur des robots tueurs

Sur la question des drones, le Saint-Siège défend une ligne cohérente. Le représentant du Vatican à Genève s’est inquiété de la possible nouvelle course internationale à ce type d’armement, qui pourrait être provoquée par la prolifération des armes autonomes de type ‘robots tueurs’. Mgr Tomasi a également dénoncé le risque d’une compétition qui ne servirait pas les relations entre pays mais produirait uniquement un gaspillage de ressources qui seraient plus utiles pour les nécessités sociales, comme la santé, l’éducation, ou la lutte contre la pauvreté.

La guerre déshumanisée

Déjà, en novembre 2013, devant les participants à la rencontre annuelle des Etats membres de la Convention sur l’interdiction et la limitation de certaines armes conventionnelles, Mgr Tomasi avait exprimé les préoccupations du Vatican quant à l’usage des drones dans les conflits armés. Le représentant permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève avait souligné qu’il était fondamental de réfléchir aux implications éthiques de l’usage de ces systèmes automatisés. «Lorsqu’un drone armé est piloté à des milliers de kilomètres de distance, qui a la responsabilité des violations humanitaires commises à cause de son utilisation?», s’était-il ainsi interrogé. Mgr Tomasi avait dénoncé un contexte de «guerre déshumanisée» et demandé de lutter contre la prolifération de telles armes. (apic/imedia/mm/rz)

14 mai 2014 | 17:52
par webmaster@kath.ch
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