Lausanne : 400 dirigeants d’entreprises au 3e Sommet sur les matières premières

La Déclaration de Berne veut plus de transparence

Lausanne, 1er avril 2014 (Apic) A l’occasion du troisième sommet des matières premières le « Global Commodities Summit » qui se tient à Lausanne du 31 mars au 2 avril 2014, la Déclaration de Berne (DB) demande davantage de transparence financière et l’introduction d’un devoir de diligence pour le secteur.

Parmi les plus de 400 participants à la conférence organisée à l’hôtel Beau-Rivage de Lausanne par le Financial Times sur le thème « Stratégies en période de turbulence » figurent les dirigeants des quatre plus grandes firmes suisses Vitol, Glencore, Trafigura et Gunvor. Or les noms de ces leaders du secteur ont tous été évoqués récemment dans des affaires de corruption, de blanchiment d’argent, d’atteintes à l’environnement ou en raison de leur proximité avec des potentats et oligarques de pays riches en ressources naturelles, relève la Déclaration de Berne.

La Suisse, un îlot non régulé

Face à ces constats toujours plus accablants la Suisse continue de prôner le statu quo et l’absence de régulation, dénonce la DB. «Le Secrétaire d’Etat Yves Rossier retrouvera les leaders de la branche et leur servira le discours qu’ils attendent. Il vantera les mérites des excellentes conditions-cadres offertes par la première place de négoce au monde, un îlot non-régulé », note le communiqué

Pour la DB, le rapport de suivi publié la semaine dernière par le Conseil fédéral, qui donne l’état d’avancement des 17 recommandations émises il y a une année est beaucoup trop léger. Dans ce rapport, les autorités négligent en particulier la question du blanchiment de matières premières sales, une problématique qui a pourtant défrayé la chronique ces dernières semaines. Le fils de l’ex-président ukrainien, qui disposait à Genève de sa propre société de négoce de charbon Mako Trading, est accusé par la justice genevoise de s’être enrichi au détriment de l’Etat via le blanchiment de matières premières obtenues de manière illégale ou illégitime.

Une douzaine de firmes suisses impliquées directement

Dans ses rapports d’enquête et ses dernières recherches, la DB a recensé une douzaine de firmes domiciliées en Suisse directement liées à des personnes exposées politiquement (PEP) de pays comme l’Angola, le Nigeria ou le Gabon.

Pour la DB, trois mesures complémentaires pourraient remédier à cette situation problématique. Les autorités suisses doivent adopter une loi sur la transparence des paiements aux gouvernements, à l’instar de celles votées par les Etats-Unis et l’Union européenne. Une réglementation doit en outre imposer aux négociants des devoirs de diligence destinés à prévenir l’entrée, dans les circuits commerciaux, de matières premières sales. Enfin, et ceci ne concerne pas que le négoce, les ayants droit économiques des sociétés doivent être rendus publics par le biais des registres du commerce. (apic/com/mp)

1 avril 2014 | 10:39
par webmaster@kath.ch
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