La mondialisation de l’économie doit bénéficier à tous

La diminution de la dette ne suffit pas, affirme Mgr Diarmuid Martin

Rome, 7 mai 1999 (APIC) La réduction de la dette extérieure des pays les plus pauvres est un pas en avant décisif mais cette mesure ne suffira pas, estime Mgr Diarmuid Martin. De retour de la récente réunion du Fonds Monétaire International, à Washington, au cours de laquelle la réduction de la dette extérieure des pays les plus pauvres a été décidée, le secrétaire du Conseil Pontifical Justice et Paix a rappelé que la dette n’est qu’une des facettes du problème.

Dans une interview au quotidien catholique italien «Avvenire», Mgr Diarmuid Martin explique en quoi cette décision est une nouveauté : «Il s’agit d’une vraie révolution macro-économique. Il y a cinq ans, les institutions financières mondiales étaient loin de considérer la réduction de la dette comme un facteur économique important. Non seulement pour les pays pauvres mais pour l’équilibre même de l’économie mondiale».

Le responsable du Vatican apprécie les efforts de certains pays riches pour soulager la charge des pays les plus endettés, mais il rappelle qu’il ne faut pas oublier un certains nombre d’autres facteurs. ” La dette n’est qu’un côté de la médaille. Il ne faudrait pas gagner cette bataille et perdre celle des fonds pour le développement. La réduction de la dette ne doit pas être une manoeuvre de comptabilité qui se répercute dans les fonds destinés au développement. L’objectif de la réduction est de canaliser l’investissement des fonds libérés vers des secteurs qui garantissent une productivité à long terme».

Ne pas favoriser les investissements improductifs

Mgr Martin met en garde contre le danger que les gouvernements bénéficiant de la réduction de la dette n’en fassent pas un bon usage. «L’un des problèmes les plus graves des pays fortement endettés est l’investissement de l’argent obtenu grâce aux réductions dans des secteurs économiques non productifs et surtout dans le domaine militaire. La communauté internationale devrait fixer un plafond pour ce type de dépenses. Si le plafond est dépassé, la réduction de la dette est suspendue. En second lieu, il faudrait ratifier l’obligation de canaliser les ressources vers des investissements sociaux indispensables. La dette est un obstacle surtout parce qu’elle est totalement improductive. La reconnaissance, de la part des autorités financières, de la nécessité de financer les dépenses sociales par ces aides – qui ne doivent pas être une simple baisse – est une autre nouveauté importante de ces dernières années».

La mondialisation de l’économie doit être étendue aux biens sociaux, insiste Mgr Martin. «Elle doit être globale à 100 % et inclure tout le monde, avec l’exclusion du mal moral et l’inclusion du bien économique. Pour créer une nouvelle architecture mondiale, il faut une cohérence entre les politiques économique, financière et sociale. Si le troisième facteur manque, la construction sera faussée», conclut le secrétaire de Justice et Paix. (apic/zn/mp)

7 mai 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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