Pakistan: 20’000 familles chrétiennes totalement abandonnées par le gouvernement après les inondations
La discrimination se poursuit
Karachi, 12 novembre 2010 (Apic) «La reconstruction après les inondations a commencé mais 20’000 familles chrétiennes déplacées sont totalement abandonnées par le gouvernement. La discrimination se poursuit. Seules les Eglises chrétiennes et certaines ONG d’inspiration chrétienne s’occupent d’elles», dénonce le Père Mario Rodrigues, directeur des Œuvres pontificales missionnaires au Pakistan, à l’agence Fides.
«Les inondations passées, le pays vit aujourd’hui la difficile phase de la reconstruction. Il existe de graves difficultés parce que les fonds à disposition du gouvernement ne sont pas suffisants. D’autre part, on continue à gérer l’urgence, à distribuer la nourriture et à lutter contre les conditions sanitaires dégradées, marquées par la dangereuse présence de maladies telles que la dengue et le choléra», explique le Père Rodrigues. Et d’ajouter: «Mais selon un scénario désormais habituel au sein de la société pakistanaise, les chrétiens sont négligés et marginalisés. Ils sont les derniers de la liste. Ils ne sont pas dignes de l’attention du gouvernement pas plus que de celle des autorités provinciales».
Selon le religieux, les réfugiés chrétiens sont dispersés dans tout le pays, surtout dans les provinces du Sindh, du Punjab, mais également dans la province septentrionale de Khyber Pakhtunkhwa (ancienne frontière du Nord-ouest). La pire situation est celle du Punjab, où les autorités gouvernementales sont hostiles aux chrétiens et ne semblent avoir aucune intention de les aider.
Appel de Caritas Pakistan
Reconstruire une maison coûte environ 200’000 roupies (environ 20’000 dollars). Caritas Pakistan lance un appel aux donateurs du monde entier afin de recueillir des contributions suffisantes pour assurer la reconstruction des maisons de 20’000 familles chrétiennes. Outre les maisons, il faudra ensuite bonifier les terres et les libérer de la boue, conditions indispensables pour pouvoir à nouveau y pratiquer de l’agriculture.
Les initiatives du gouvernement telles que la «carte du réfugié» se noient dans la corruption et la mauvaise gestion, provoquant le mécontentement. Le Père Rodrigues, se faisant l’interprète des milliers de réfugiés chrétiens, conclut: «Le gouvernement pakistanais est attentif seulement aux besoins des riches et ne s’occupe pas de la masse des pauvres et des déshérités, qui ont tout perdu. Au milieu d’eux, les chrétiens sont les plus pauvres parmi les plus pauvres.» (apic/fides/pa/nd)



