Europe: Résultat du sondage sur l’initiation chrétienne en Europe

La famille est le cadre naturel de l’initiation de l’enfant

Saint-Gall, 7 mai 2012 (Apic) «L’expérience de foi commence par une rencontre avec Jésus-Christ ressuscité présent et vivant», précise un communiqué du Conseil des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE), du 7 mai 2012. Elle s’opère «toujours par une rencontre personnelle et communautaire avec ceux qui ont accueilli le don de la foi… Cette transmission est appelée catéchèse». Le sondage sur l’initiation chrétienne en Europe, réalisé par un groupe de travail de la CCEE sur plus de 3’600 personnes toutes catégories confondues, a permis d’identifier trois points déterminants: le milieu de vie, la communauté chrétienne et le cheminement personnel.

Le Père Luc Mellet, responsable du Service national français de la catéchèse et du catéchuménat, a analysé les réponses. Il les a présentées à la Domus Mariae – Palazzo Carpegna de Rome, le 7 mai 2012, lors de l’ouverture du XIIe Congrès européen pour la catéchèse qui se déroulera jusqu’au 10 mai.

Le milieu de vie

«La famille est le cadre naturel de l’initiation de l’enfant», relève le communiqué. Elle est le premier lieu où il construit sa relation avec la réalité, Dieu et l’Eglise. «Vivre en famille la messe du dimanche et les fêtes liturgiques… est un facteur décisif, même pendant l’adolescence», mentionne l’enquête. Lorsque la foi n’est pas vécue, «l’expérience religieuse des enfants s’en trouve influencée négativement». La participation des familles aux rencontres catéchétiques est un facteur positif.

Le deuxième groupe, les amis, jouent soit le rôle de témoins de foi, soit ils sont responsables d’un éloignement. Le sondage montre combien les enfants, les adolescents et les jeunes, ont besoin de vivre leur foi avec d’autres jeunes de leur âge.

L’école influe aussi. «Les écoles privées catholiques jouent en général un rôle positif dans l’initiation chrétienne de l’enfant», selon les personnes interrogées. Le rôle des professeurs est mis en avant. Leur personnalité peut «introduire les enfants à la vie de l’Eglise et à un rapport personnel avec Dieu». Quant à l’éloignement de la foi à l’adolescence, l’enquête l’attribue à l’isolement, à la pression du travail scolaire et des devoirs.

Les activités des groupes et les mouvements sont capitaux pour embrasser la foi chrétienne. Les enfants et les adolescents soulignent «la nécessité et l’utilité de participer à des actions concrètes, pratiques, sans se limiter aux moments de discussion et de réflexion». Pour beaucoup, «la rencontre avec des points de vue différents est importante». Elle est l’occasion d’une remise en question et d’un approfondissement des raisons de sa foi.

La communauté

Le besoin de faire partie d’une communauté chrétienne et d’y vivre est fondamental dans la vie et le parcours de foi. «Il est important de se reconnaître comme chrétien, faisant partie d’une communauté», insistent les interviewés. Tout comme l’apport des personnes engagées et des témoins. «La catéchèse, l’aumônerie ou les cours de religion (ou équivalent) sont toujours cités parmi les facteurs qui favorisent l’initiation chrétienne».

«L’importance donnée à la catéchèse diffère selon les pays», relève l’enquête. «Les cours de religion sont parfois jugés ennuyeux, à la différence des groupes de catéchèse». La vie liturgique occupe une place prépondérante. Elle est le lieu privilégié de rencontre avec Dieu. Elle renforce les liens spirituels entre les membres de l’Eglise et avec Dieu. D’où l’importance de soigner les célébrations liturgiques, en particulier la messe. Car «la manière de célébrer la foi peut être soit un encouragement, soit un facteur d’éloignement de la religion», montre l’enquête.

Les sacrements et leur préparation sont jugés plus ou moins importants selon les pays. Par contre, le sacrement de la réconciliation est considéré comme un moment clef. Les enfants et les adolescents «font l’expérience du pardon de Dieu et se sentent accompagnés personnellement dans leur parcours de foi».

Le cheminement personnel

Les enfants et les adolescents insistent sur l’importance d’une démarche «personnelle sans être individualiste». Pour les jeunes, «le passage à l’adolescence est une période de remise en question et de prise de conscience de leur foi». Chacun est appelé à accepter consciemment et à découvrir personnellement les raisons de dire «oui» à Dieu.

L’adolescence est aussi «un temps d’appropriation», où la foi est vue comme un «choix personnel qui remplit leur vie sans rien lui enlever».

L’adolescence est «un temps de questionnement». Si la foi ou la catéchèse ne les aident pas, ils peuvent «éprouver une déception». «Nombre de jeunes qui se sont éloignés de la foi disent qu’ils n’ont pas trouvé de réponse aux questions qu’ils se posent et qu’ils n’ont rencontré personne qui puisse les aider», indique l’enquête. Par contre, les événements personnels (décès ou bonne nouvelle) ou une rencontre avec d’autres jeunes peuvent influencer leur cheminement chrétien. (apic/com/ggc)

8 mai 2012 | 11:41
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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