Fribourg: 350e anniversaire du décès des fondateurs des conférences St Vincent de Paul

La famille vincentienne honore St Vincent de Paul et Ste Louise de Marillac

Fribourg, 30 mai 2010 (Apic) Plus de 150 membres de la famille vincentienne et des associations sœurs du canton de Fribourg ont fêté, le 30 mai à Bourguillon, à Fribourg, les 350 ans du décès de leurs fondateurs, St Vincent de Paul et Ste Louise de Marillac. Le conseiller d’Etat fribourgeois, Erwin Jutzet, dans son allocution, a rappelé l’esprit visionnaire des deux fondateurs.

L’« Accueil des Brancardiers » à Bourguillon a connu une affluence des grands jours dimanche 30 mai. Et pour cause, la grande famille vincentienne est venue rendre hommage à ses fondateurs saint Vincent de Paul et sainte Louise de Marillac. Selon, Max Hayoz, le président du Conseil central fribourgeois des Conférences St Vincent de Paul, l’œuvre d’entraide a voulu rendre un vibrant hommage à ses fondateurs qui sont des témoins et des exemples d’amour. Leur leitmotiv c’est l’amour de Dieu, mais avec un contact direct avec les pauvres, les plus démunis. M. Hayoz a profité de l’occasion pour remercier toutes ces petites mains qui soutiennent les personnes défavorisées dans leurs souffrances physiques et psychiques. Car « aux Conférences St Vincent le mot bénévolat s’écrit avec un « B » majuscule » rappelle t-il.

La première Conférence St Vincent de Paul a été créée, il y a plus de 175 ans à Paris par Frédéric Ozanam. Dans le canton de Fribourg on compte 30 Conférences, dont 16 dans la partie alémanique et 14 dans la partie francophone, informe M. Hayoz. Selon l’aumônier du canton de Fribourg, le père Eric Marchand, chaque Conférence est rattachée au Conseil central. Cet organe a pour objectif de gérer les finances pour répondre aux sollicitations de chaque Conférence. Il s’occupe aussi de leur promotion auprès des unités pastorales ou des paroisses. Il collabore particulièrement avec les Sœurs de St Vincent de Paul encore appelées les Filles de la charité. Ces dernières ont rappelé en début de journée, que cette fête n’est pas celles des morts, mais celle de la vie des fondateurs sur le chemin du Christ aux côtés des pauvres.

St Vincent de Paul, ce visionnaire

L’un des moments forts de cette journée a été l’exposé du Conseiller d’état Erwin Jutzet, chef de la Direction de la sécurité et de la justice du canton de Fribourg. L’orateur voit en St Vincent, un visionnaire. « Pour Saint Vincent de Paul déjà, lutter contre la pauvreté, ce n’était pas seulement aider ponctuellement ceux qui en ont besoin, mais surtout leur donner les moyens d’améliorer durablement leur condition et de devenir maître de leur destin » rappelle-t-il. Racontant quelques anecdotes, le conférencier a relevé que lors de la guerre de Trente ans, Vincent fournissait non seulement de la nourriture et de l’argent aux pauvres, mais encore leur donnait-il aussi des outils et des semences. Il ajoute aussi qu’au lieu d’aider les enfants à apprendre le latin, Vincent estimait qu’il valait mieux qu’ils apprennent très tôt un métier. « Bref, il s’agit d’encourager les plus démunis à développer leurs propres ressources. On appellerait cela aujourd’hui, selon un mot à la mode de l’ «empowerment », un principe qui est pratiqué systématiquement dans les systèmes de sécurité sociale, et au niveau international dans la coopération au développement », informe M. Jutzet.

La charité en réseau

Selon le Conseiller d’Etat, si aujourd’hui encore l’œuvre caritative perdure et s’étend au monde entier « C’est sans doute parce que Vincent, en plus de sa foi et de son humanité profonde était encore un visionnaire et un gestionnaire exceptionnel. Ce qui frappe, c’est la modernité de l’action de cet homme du 17e siècle qui s’est très vite rendu compte qu’il ne fallait pas seulement faire la charité, mais aussi l’organiser de la manière la plus efficace. » Pour ce faire, M. Jutzet informe que St Vincent a très tôt sollicité le soutien de riches familles pour établir et financer une œuvre durable. « On dirait aujourd’hui, remarque t-il, qu’il avait compris, à l’époque déjà, l’importance des réseaux d’influence et des « sponsors » », sans lesquels les meilleures initiatives ne survivent pas longtemps.

« Que la société ne sécrète plus de pauvreté »

Mais, la charité ne va pas sans justice, interpelle le politicien fribourgeois. Citant Frédéric Ozanam, fondateur de la première conférence St Vincent de Paul, qui dit « la charité est le Samaritain qui verse de l’huile sur les blessures du voyageur qui a été attaqué. C’est le rôle de la justice d’empêcher les attaques », le conférencier rend hommage à l’œuvre des conférences qui visent un changement systématique qui chercherait « à aménager la société de telle manière qu’elle ne secrète plus de pauvreté ». Aujourd’hui, c’est réjouissant de voir les structures sociales mises en place par l’état comme l’AVS (Assurances-vieillesse et survivants) ou l’AI (Assurance invalidité), dont les mises en place ont été influencée par les penseurs chrétiens comme Frédéric Ozanam ou Adolph Kolping. Néanmoins la pauvreté existe et toute la société est reconnaissante pour les actions directes des conférences et les autres associations caritatives qui sont en contact direct avec les plus démunis. Car « il s’agit de reconnaître et de faire reconnaître la dignité intangible de tout être humain sans exception quelle que soit sa condition et la situation dans laquelle il se trouve », conclu t-il.

Une projection du film « Monsieur Vincent » de Maurice Cloche, et un échange avec les Filles de la charité ont suivi le repas de midi. Durant l’eucharistie de clôture, à la chapelle de Bourguillon, le Père Eric Marchand a exhorté l’assemblée à l’unité à l’exemple de la Sainte Trinité, pour mieux être au service des pauvres. Apic/Elom Agbenouvon)

30 mai 2010 | 17:25
par webmaster@kath.ch
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