Vatican

«La figure de Marie peut être utilisée pour asservir»

Une vision erronée de la Vierge comme femme «esclave de Dieu soumise», est utilisée pour asservir, déplore le Père Stefano Cecchin, président de l’Académie pontificale mariale internationale (PAMI), au micro de Vatican News le 20 août 2020. L›Italien s’est exprimé suite à la publication le même jour d’une lettre du pape François le remerciant pour le lancement d’un nouveau département dans cette université.

Présentée le 15 août dernier, la nouvelle sphère d’étude intitulée «Libérer Marie des mafias et du pouvoir criminel» de la PAMI est le fruit du travail mené par la chaire «Marie, chemin de paix entre les cultures», a détaillé le Père Cecchin. Elle implique un grand nombre de magistrats, de criminologues, de personnes de l’armée, de l’État et de l’Église.

«Il y a une religiosité faible qui est manipulée», résume l’Italien. Selon lui, Marie est utilisée par certains «précisément pour maintenir les gens en esclavage», en véhiculant une image de cette dernière comme «femme esclave soumise à Dieu qui se résigne au sort de son Fils». Une réalité conduisant à un asservissement des personnes et à une «religiosité liée aux superstitions» qui effraie.

La PAMI, dont la mission est de donner une «saine formation mariologique en vue d’une piété populaire saine», entend donc éradiquer cette vision erronée par la formation des familles, continue le Père Cecchin. «Le pape François nous appelle à cette formation intégrale de la personne humaine».

Celui-ci condamne également fermement les «inchini», ces saluts devant le domicile des parrains de la mafia locale pendant les processions mariales, fréquents en Italie. Ces comportements superstitieux, qui insinuent que la Vierge elle-même se soumet à l’autorité des parrains enferment selon lui les personnes dans la condition d’esclaves.

Une présentation des lignes directrices du département en septembre

Le 18 septembre 2020, une conférence délivrera les grandes lignes de ce nouveau département en présence de représentants laïcs comme religieux. Chaque 13 mai, la PAMI devrait également présenter les fruits de son travail sur ce sujet au travers d’une conférence nationale, annonce le président de l’université pontificale. Sans confondre le rôle de l’État et de l’Église, il souhaite en effet former une union avec le gouvernement italien sur ce sujet au service du bien commun.

«Nous travaillons également avec les musulmans», ajoute-t-il en expliquant qu’une Commission mariale chrétienne musulmane est déjà à l’œuvre. La PAMI compte enfin délivrer prochainement des cours sur la figure de Marie dans les mosquées avec pour objectif d’accompagner les croyants musulmans sur les «mauvaises interprétations de la religion ou sur la manière dont la religion est utilisée pour diviser et créer des problèmes». (cath.ch/imedia/ag/rz)

21 août 2020 | 16:21
par I.MEDIA
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