Rome: Le questionnaire sur la famille constitue une nouvelle méthode de travail
La fin d’une «opposition entre hiérarchie et fidèles»
Rome, 5 février 2014 (Apic) Alors que parviennent encore au Vatican les résultats du questionnaire mondial en vue du Synode des évêques qui sera consacré en octobre 2014 aux défis de la pastorale familiale, L’Osservatore Romano se félicite de la méthode de travail adoptée. Dans l’édition du 4 février, l’éditorialiste Lucetta Scaraffia estime que cette initiative marque la fin d’une «opposition entre hiérarchie et fidèles».
De manière inédite, en novembre dernier, le large questionnaire envoyé aux conférences épiscopales du monde entier en vue du Synode des évêques avait été élargi dans plusieurs pays aux fidèles, souvent par le biais d’Internet. Cette consultation à grande échelle accorde une large part à la question des divorcés remariés ou à celle des mariages dits «irréguliers», comme ceux entre personnes de même sexe, mais traite aussi de problématiques comme la contraception.
En Une de L’Osservatore Romano, Lucetta Scaraffia assure que ce questionnaire a donné lieu à «des discussions passionnées» dans certains pays comme la France, les Etats-Unis, l’Allemagne et la Suisse. Dans ces deux derniers pays en particulier, pointe l’incompréhension des fidèles face à certains points de doctrine, et d’abord devant l’impossibilité des divorcés remariés d’accéder aux sacrements. En Suisse, par exemple, selon des chiffres publiés le 4 février, 90% des catholiques souhaitent que l’Eglise puisse reconnaître et bénir les couples de divorcés remariés.
Les réponses révèlent une «remarquable vitalité» de l’Eglise
Lucetta Scaraffia ne dit pas quel sera le résultat des travaux qui auront lieu dans les mois et les années à venir sur la question de la pastorale familiale, mais elle note la «remarquable vitalité» de l’Eglise à travers les réponses qui parviennent au Vatican. Elle estime ainsi que «l’opposition entre hiérarchie et fidèles» a laissé la place à «une volonté passionnée de mieux comprendre, de se faire une idée et de la confronter pacifiquement». Selon elle, les catholiques «veulent se sentir partie prenante d’une institution prête à comprendre, accueillir, pardonner, plutôt qu’à juger, élever des barrières et marquer des frontières entre ce que l’on doit faire et ce qu’ensuite, chaque jour, nous vivons».
Au fil de son éditorial, Lucetta Scaraffia évoque le cas particulier de la France et des «lourdes initiatives sur le plan législatif qui touchent au statut de la famille et de la filiation». Elle estime alors que «l’opposition entre les deux parties en conflit» a laissé la place à «une discussion libre». «Plus elle sera libérée de l’hypothèque de la politique, écrit encore la journaliste et historienne italienne, plus la discussion se fera libre et intéressante et attirera d’autres personnes qui s’étaient écartées, inquiètes de la tournure qu’était en train de prendre le débat».
Le «quotidien du Vatican», dans ses pages intérieures, évoque par ailleurs le report en France, la veille, du projet de loi sur la famille. (apic/imedia/ami/bb)



