Courtrai : Décès de la dernière béguine de Belgique
La fin d’une tradition religieuse du Moyen-Age
Courtrai, 17 avril 2013 (Apic) La dernière béguine de Belgique, et du monde, est décédée dimanche 14 avril 2013 à Courtrai à l’âge de 92 ans. Marcella Pattyn est morte dans son sommeil à la maison de retraite Sint-Jozef, rapporte l’agence Belga.
Marcella Pattyn avait intégré il y a 71 ans la communauté des béguines de Mont-Saint-Amand, près de Gand. En 1960, elle avait rejoint le béguinage de Courtrai. Elle vivait depuis 2005 dans la maison de repos Sint-Jozef à Courtrai. Son décès signifie la fin d’une tradition religieuse remontant à la fin du Moyen-Age. Le béguinage de Courtrai a été fondé en 1242.
La fin du XIIe et le début du XIIIe siècle en Europe marque un renouveau qui s’accompagne d’un regain de spiritualité. On assiste à la naissance de nouveaux ordres religieux, comme les Franciscains ou les Dominicains. Un grand nombre de femmes désirent entrer dans la vie religieuse.
Ni épouses, ni moniales
Au XIIIe siècle, principalement dans le nord de l’Europe, en Belgique, aux Pays-Bas, et en Rhénanie, on voit se former des communautés de femmes célibataires ou veuves dites «Béguines». Ces communautés restent laïques, vivant de l’autogestion. N’appartenant à aucun ordre religieux, et ne dépendant pas d’un ou d’une supérieure, les béguines disposaient d’une certaine liberté d’action. Elles s’installaient souvent à proximité d’une église paroissiale. Leurs logis étaient indépendants mais, rassemblés pour mieux se protéger, s’entraider et surtout pratiquer leurs dévotions et activités caritatives. C’est ainsi que se formèrent les ‘béguinages’.
À travers une règle de vie plus souple que les monastères, les béguines cherchent une nouvelle manière d’exprimer leur foi dans un système qu’on qualifierait aujourd’hui de ‘démocratie participative’. Le travail est un moyen d’émancipation économique. Elles s’occupent du blanchissage des draps, du lavage de la laine, des travaux de ferme, de fabrication de bougies. Les plus instruites se tournent vers l’enseignement ou le travail de copistes. Enfin, grâce aux infirmeries présentes dans les béguinages, elles acquièrent un savoir-faire médical. Les béguinages sont aussi des centres d’art et de culture.
«Le mouvement des béguines séduit parce qu’il propose aux femmes d’exister en n’étant ni épouse, ni moniales, affranchie de toute domination masculine», explique la médieviste Régine Pernoud. (apic/ag/mp)



