Chiara Lubich chez Jean Calvin
La fondatrice des Focolari reçue par le COE et l’Eglise protestante de Genève
Michel Bavarel, pour l’Agence APIC
Genève, 25 octobre (APIC) Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari – environ 7 millions d’adhérents dans 182 pays – effectue une visite à Genève où elle a été invitée par le Conseil oecuménique des Eglises (COE), l’Institut oecuménique de Bossey et l’Eglise protestante. Elle a répondu aux questions des journalistes au cours d’une conférence de presse tenue à l’Auditoire Calvin.
«Cette visite est un moment fort de la vie oecuménique à Genève», a d’abord souligné Joël Stroudinski, président de l’Eglise protestante de Genève, en accueillant la fondatrice d’un mouvement né dans le giron de l’Eglise catholique, mais qui rassemble aujourd’hui des membres de différentes Eglises chrétiennes, d’autres religions et même des non-croyants. Joël Stroudinski voit plusieurs points de convergence entre la Réforme prêchée par Jean Calvin au 16ème siècle et les Focolari: «Il y a d’abord la prise en compte de l’exigence radicale de la Parole de Dieu. Celle-ci doit nous conduire à réaliser ce que dit le Christ sur l’unité des croyants, chère aux Focolari. Les protestants et les Focolari ont également en commun la volonté d’inscrire la foi dans la vie «.
Nous unir sans tout détruire
Interrogée sur sa vision de l’unité des chrétiens, Chiara Lubich attribue essentiellement les divisions au manque d’amour. «Je pense aussi que si le Seigneur a permis ces divisions, c’est pour que nous parvenions à quelque chose de plus grand. Les différentes communautés approfondissent chacune certains aspects du message. Pour nous réunir, il n’est pas nécessaire de tout détruire. Nul ne mourra. Nous ressusciterons tous dans l’unique Eglise, avec la variété de nos expressions de la foi».
Chiara Lubich affirme avec force sa proximité du COE: «Nous nous sentons frères, nous nous sentons un seul peuple chrétien. «Face à certaines difficultés», elle insiste sur une «mutuelle charité «. Avant tout débat, avant tout travail, il s’agit de s’aimer et «d’être prêt à donner sa vie pour l’autre». Avec la charité, dit-elle, nous pouvons résoudre tous les problèmes, y compris les problèmes d’argent, «dus au fait que nous n’avons pas d’abord effectué ce pas».
Une fraternité universelle
Le mouvement des Focolari est non seulement oecuménique, mais interreligieux. Toutes les religions, relève Chiara Lubich, connaissent la «règle d’or» (ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse) qui pourrait être traduite ainsi: «Aime et respecte les autres». Elle plaide pour une fraternité universelle, au-delà du monde chrétien. «Dieu a semé sa Parole un peu partout, il nous appartient de faire en sorte qu’elle puisse grandir».
Au terrorisme, aux «forces du Mal», Chiara Lubich veut opposer les «forces du Bien». Cela signifie qu’il s’agit d’»enrayer la pauvreté» qui nourrit le terrorisme. Pour cela, les Focolari proposent leur «économie de communion» qu’ils mettent déjà en pratique dans huit cents entreprises répandues dans le monde et qui continuent de prospérer malgré la crise, » grâce à un actionnaire qui est le Père Eternel».
Les terroristes, remarque Chiara Lubich, considèrent nos sociétés comme «sans Dieu». Qu’en est-il du milliard de chrétiens? Ils sont divisés et l’on ne voit pas assez qu’ils s’aiment, donc on nous croit athées. «Il s’agit d’accélérer la course vers l’unité pour que le monde nous voie», conclue-t-elle.
Culte à la cathédrale St-Pierre
Chiara Lubich participera dimanche 27 octobre, à 10h., à un culte à la cathédrale St-Pierre. Elle prononcera une allocution sur le renouveau opéré par le charisme de l’unité.
Durant la matinée du lundi 28 octobre, elle se trouvera au Conseil oecuménique des Eglises pour un débat public sur le thème de la spiritualité de la communion, avant de tenir des discussions en petits comités. » Nous allons recevoir une ouvrière et une visionnaire de l’unité «, a souligné Georges Lemopoulos, secrétaire général adjoint du COE. (apic/mba/pr)




