France: Les protestants de France condamnent le gouvernement au sujet des expulsions de Roms
La FPF se joint au concert de protestations des milieux chrétiens
Paris, 25 août 2010 (Apic) La Fédération protestante de France (FPF) s’est jointe mardi au concert de protestations contre le programme du gouvernement en matière de rapatriement des Roms migrants et de démantèlement des campements illégaux de Roms.
La FPF a indiqué dans un communiqué du 24 août qu’elle «s’inquiète des nouvelles orientations du gouvernement prises à l’encontre de la population Rom, une des populations européennes les plus démunies». Fin juillet, le gouvernement français a durci sa politique à l’encontre des Roms et des gens du voyage. De violents heurts avaient éclaté à la mi-juillet dans la vallée du Cher entre les forces de l’ordre et une communauté de gens du voyage, suite à la mort d’un des leurs – de nationalité française – tué par un policier.
Le ministre français de l’Immigration, Eric Besson, a déclaré le 24 août que son gouvernement avait rapatrié 635 Roms vers la Roumanie et la Bulgarie depuis le début de la nouvelle politique, et que ce chiffre passerait à 950 d’ici la fin du mois d’août. Près de 15’000 Roms vivent en France. Ils sont originaires d’Europe de l’Est, surtout de Roumanie, selon l’organisation Minority Rights Group International, basée à Londres. Par ailleurs, il existe des communautés de Roms et de gens du voyage de nationalité française, qui sont établies de longue date.
Les protestants français «soucieux de solidarité, de l’accueil de l’étranger et de la prise en compte des plus faibles»
La FPF a dit vouloir faire de 2010 une année des migrations, à la suite de la Conférence des Eglises européennes et de la Commission des Eglises auprès des migrants en Europe. «Une nouvelle fois, les politiques migratoires de la France interpellent les protestants soucieux de solidarité, de l’accueil de l’étranger et de la prise en compte des plus faibles», écrit la FPF dans une prise de position. Le communiqué de la FPF intervient après les critiques lancées par des responsables catholiques à l’encontre de la politique du gouvernement.
Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, a déclaré à la presse qu’il regrettait «les réflexes protectionnistes de ceux qui ont peur de l’avenir, peur de perdre ce qu’ils ont, alors que de plus en plus de personnes sont marginalisées». Selon le site web France24, dans une homélie faite le 15 août, le cardinal s’était interrogé: «Pouvons-nous prendre notre parti de l’écart croissant entre les citoyens qui jouissent de la sécurité des droits sociaux et ceux qui sont lentement marginalisés et poussés dans l’exclusion?»
Un autre prêtre catholique, le Père Arthur Hervet, qui travaille avec les communautés roms, a annoncé qu’il rendrait la médaille de l’ordre national du Mérite qu’il avait reçue. Le Père Hervet a par la suite déclaré regretter ses propos affirmant qu’il priait pour que le président français Nicolas Sarkozy «ait une crise cardiaque».
Le 22 août à Castel Gandolfo, près de Rome, le pape Benoît XVI s’est adressé aux pèlerins en français, évoquant la nécessité de «savoir accueillir les légitimes diversités humaines, à la suite de Jésus venu rassembler les hommes de toute nation et de toute langue». Ces propos ont été perçus comme une critique à demi-mot de la politique menée par le gouvernement français.
La Commission européenne contre le racisme et l’intolérance du Conseil de l’Europe s’est dite «profondément préoccupée» par le traitement dont font l’objet les Roms en France. Dans un communiqué du 24 août, cette Commission a affirmé que les Roms «sont présentés collectivement comme auteurs d’infractions pénales et sont en particulier caractérisés comme seuls responsables d’abus de la réglementation européenne en matière de liberté de circulation.» (apic/eni/be)



