La «Jihad» est lancée contre les «blasphémateurs» de l’islam

Pakistan: Manifestations pour conserver la loi sur le blasphème

Lahore, 26 décembre 2010 (Apic) Plusieurs milliers de Pakistanais ont manifesté le 24 décembre dans les plus grandes villes du pays. Ils ont affirmé au gouvernement qu’ils n’accepteraient aucune modification de la loi sur le blasphème.

C’est à l’appel des partis islamistes et des chefs religieux musulmans que les manifestations ont été lancées, a rapporté le 25 décembre le quotidien pakistanais «The Nation» sur son site internet. Aux cris de «Jihad» (guerre sainte), les manifestants se sont dit prêts à sacrifier leur vie pour le prophète et pour défendre la loi sur le blasphème. «Les foules dans un pays né au nom de l’islam n’accepteront jamais une modification de la loi», ont affirmé certains chefs islamiques dans leur harangue.

Près de 1’500 personnes ont protesté dans les rues vendredi 24 décembre à Lahore (est). Dans la capitale économique Karachi (sud), plus de 2’000 manifestants ont notamment demandé au gouvernement de punir Asia Bibi. Des centaines d’autres ont battu le pavé à Multan (centre) en prévenant qu’ils étaient prêts à donner leur vie pour empêcher les députés de modifier la loi, rapporte l’AFP.

Le président Zardari défend les chrétiens

Le président pakistanais Asif Ali Zardari, lors de son message pour Noël, a défendu les droits des chrétiens dans ce pays à majorité musulmane. Les chrétiens pakistanais sont «un groupe social loyal». Ils apportent «une immense contribution au progrès et au développement du pays», a-t-il ajouté dans une déclaration reprise par «Associated Press of Pakistan», une agence proche du gouvernement. Le président a rappelé la décision de son «Parti du Peuple pakistanais» de «combattre avec nos frères et sœurs chrétiens pour les droits de toutes les minorités et des personnes défavorisées, ainsi que pour l’établissement d’une société libérale et plurielle au Pakistan».

Des organisations de défense des droits humains ont récemment réclamé l’amendement de la loi sur le blasphème, à la lumière du cas d’Asia Bibi, une mère de famille condamnée en novembre à être pendue pour avoir blasphémé contre le prophète Mahomet. Plusieurs organisations et responsables religieux pakistanais, dont l’influent Sunni Ittehad Council, ont récemment prévenu que toute grâce présidentielle accordée à Asia Bibi provoquerait l’anarchie dans le pays. (apic/kna/ag/pem/bb)

26 décembre 2010 | 11:17
par webmaster@kath.ch
Partagez!