Pakistan : Confirmation par la Haute Cour de Lahore de la condamnation à mort d’Asia Bibi
«La justice toujours plus aux mains des extrémistes»
Lahore, 16 octobre 2014 (Apic) La Haute Cour de Lahore, tribunal d’appel, a confirmé le 16 octobre 2014 la condamnation à la peine capitale d’Asia Bibi, la chrétienne pakistanaise accusée de blasphème et condamnée en première instance à cette même peine en 2010. Son avocat dénonce une «justice toujours plus entre les mains des extrémistes». Il a annoncé qu’il ferait appel auprès de la Cour suprême du Pakistan.
L’avocat chrétien Naeem Shakir, a indiqué à l’agence missionnaire vaticane Fides que le recours présenté par la défense a été rejeté. Au cours de l’audience, tenue devant un collège présidé par le juge Anwar ul Haq, la défense a présenté ses arguments sous forme écrite. Cette défense démasquait des témoins peu crédibles et l’évidente construction de fausses accusations.
Le juge a néanmoins retenu comme crédibles et valides les accusations des deux musulmanes – deux sœurs – qui ont témoigné à propos du présumé blasphème commis par Asia Bibi. «Ce sont celles avec lesquelles elle s’était disputée et qui avaient provoqué toute l’affaire», a expliqué Me Shakir, trahissant sa grande amertume et sa déception. «La justice est toujours plus entre les mains des extrémistes», a-t-il ajouté, précisant qu’en accord avec le mari d’Asia Bibi, un recours sera présenté devant la Cour Suprême, dernière instance de jugement au Pakistan.
Le symbole de la cause des victimes de la loi anti-blasphème
Ces derniers mois, les dates d’audiences qui avaient été fixées avaient toutes été annulées à la dernière minute ou reportées, pour des motifs aussi divers que peu crédibles. Des atermoiements qui, selon les observateurs, étaient dus au fait qu’Asia Bibi est devenue le symbole de la cause des victimes des lois anti-blasphème qui sévissent au Pakistan et le porte-drapeau des nombreuses campagnes internationales qui font pression sur le gouvernement du pays, dénonçant une situation «de violation permanente des droits de l’homme».
Depuis le début du pourvoi en appel d’Asia Bibi, les magistrats sont fortement soupçonnés d’être soumis à des intimidations, voire à des menaces de mort de la part des islamistes.
Au printemps dernier, l’organisation Pakistan Christian Congress (PCC) a lancé une nouvelle campagne internationale pour la libération d’Asia Bibi, et l’abrogation de la loi anti-blasphème. Des pétitions ont été déposées devant le Congrès des Etats-Unis, l’Union européenne, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU et des ONG telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch. (apic/fides/mp)



