La liberté religieuse reste menacée dans le monde | domaine public
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La liberté religieuse reste menacée dans le monde | domaine public

La liberté religieuse est un bien pour toute la famille humaine

27.04.2019 par I.MEDIA

La liberté religieuse représente un bien pour toute la famille humaine, rappelle la Commission théologique internationale dans un long texte publié en italien sur le site du Vatican, le 26 avril 2019

Face aux défis contemporains, la Commission a approfondi ce thème dans une déclaration intitulée ‘La liberté religieuse pour le bien de tous.’ Elle reprend notamment l’enseignement des papes sur le sujet.

Pour Paul VI, le droit à la liberté religieuse est une question liée à la vérité de la personne humaine, rappelle le document. La liberté religieuse pour Jean Paul II, est une exigence inséparable de la dignité humaine. Elle est le fondement pour toutes les autres libertés. Benoît XVI va encore plus loin et y voit un droit intrinsèque à la personne humaine en tant qu’être spirituel relationnel et ouvert à la transcendance.

Un droit intrinsèque à la personne humaine

Ce n’est donc pas un droit réservé seulement aux croyants. Pour le pape François enfin, cette liberté ne vise pas à préserver une sous-culture comme le veut un certain laïcisme mais constitue un don décisif pour la fraternité humaine. Dans cette lignée, l’approche proposée par la commission théologique internationale insiste donc largement sur la liberté religieuse comme un bien universel, impliquant la participation de la religion dans la culture publique.

La vraie liberté de religion en effet n’est possible que si elle peut s’exprimer activement. L’Etat est donc appelé à exercer une laïcité positive. Il ne doit être ni théocratique ni athée ni neutre. Il s’agit-là d’un “moyen privilégié de permettre aux nouvelles générations de reconnaître à l’autre leur propre frère et leur propre sœur, avec lesquels ils peuvent marcher ensemble et collaborer”.

Liberté et dialogue interreligieux

Cependant, la liberté de religion ne peut véritablement être garantie qu’à l’horizon d’une vision humaniste, est-il également indiqué, ouverte à la coopération et à la coexistence. Dans cette optique, le dialogue interreligieux, favorisé par la liberté de religion, est une étape de la recherche du bien commun grâce aux représentants des différentes religions. Si ce n’est pas le but final de l’évangélisation, il s’agit d’une dimension inhérente à la mission de l’Eglise.

On assiste aujourd’hui, peut-on lire, à une guerre mondiale en morceaux. Dans ce contexte troublé, les communautés religieuses sont capables de promouvoir les valeurs humanistes de la coexistence pour unifier la famille humaine tout entière.

Dans certains pays, la liberté de religion n’a pas droit de cité, tandis que dans d’autres, cette liberté est limitée à l’exercice du culte ou à des pratiques strictement privées, est-il encore indiqué. Que ce soient dans des dictatures où règne l’athéisme ou dans certains pays qui se considèrent pourtant comme démocratiques, les membres des communautés religieuses peuvent être persécutés ou soumis à un traitement défavorable sur leur lieu de travail.

Le martyre comme révélateur du manque de liberté

Pour soutenir et encourager la liberté religieuse, le témoignage des martyrs représente un atout considérable. Les martyrs sont un motif d’admiration pour les croyants mais aussi de respect pour tous ceux attachés à la liberté, à la dignité et à la paix entre les peuples. Le martyre n’implique pas forcément la mort, est-il également rappelé. Parfois, il s’agit de simples exclusions de la vie sociale, aussi appelé le ‘martyre blanc’. Cependant, “le martyr de la foi chrétienne n’a rien à voir avec le meurtrier suicidaire au nom de Dieu”, rappelle le texte. “Une telle confusion est déjà en elle-même une corruption de l’esprit et une blessure de l’âme”.

Au cours de l’une de ses sessions, la Commission théologique internationale s’est penchée sur la liberté religieuse. S’en sont suivies des discussions au cours des années 2014-2018. Les membres de la Commission théologique internationale ont approuvé le texte avant de le soumettre à l’approbation de son président, le cardinal Luis Ladaria Ferrer, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Après avoir reçu l’avis favorable du pape François, le 21 mars 2019, le haut prélat en a autorisé sa publication.  (cath.ch/imedia/pad/ah/mp)


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