La liberté religieuse souvent «refusée en toute impunité " dans certains pays européens

Des déclarations accablantes

Varsovie, 30 mai 1997 (APIC). La liberté religieuse est couramment «refusée en toute impunité» C’est du moins l’avis de Karen Lord, conseillère auprès de la Commission du Congrès des Etats-Unis chargée des questions de l’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Cette organisation consacre dans son dernier bulletin un dossier sur liberté de religion en démontrant que la liberté religieuse est limitée par l’imposition de restrictions pour l’enregistrement légal des communautés religieuses et qu’il existe un déni du «droit de s’exprimer librement sur la religion».

L’OSCE, qui comprend tous les Etats européens, les Etats-Unis et le Canada, ainsi que la Russie et les pays de l’ancienne Union Soviétique, traite des questions de sécurité et des droits de la personne en Europe. Karen Lord évoque entre autres la situation en Russie. Or, affirme-t-elle, les oblasts (districts) ont adopté des lois restreignant la liberté des minorités religieuses. De telles restrictions ont été imposées aussi en Azerbaïdjan, en Ouzbékistan et en Albanie. En Bulgarie, ajoute-t-elle, des groupes non orthodoxes sont dépeints dans les médias «de façon effrayante et imprécise». En Turquie, membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), des restrictions limitent la liberté religieuse des chrétiens, tandis qu’en Grèce, qui fait aussi partie de l’Union Européenne, des groupes minoritaires non orthodoxes seraient «relégués à un statut de deuxième classe.»

«Le non-respect de la liberté religieuse par l’imposition abusive de conditions d’enregistrement doit prendre fin, tout comme les restrictions imposées par les gouvernements à la liberté d expression lorsqu’il s’agit de religion «, demande Mme Lord. «Si des restrictions gouvernementales semblables à celles qui sont imposées aux groupes religieux de nombreux pays s’appliquaient aux partis politiques d’opposition, ces gouvernements seraient dénoncés comme non démocratiques.»

Erol Akdag, représentant de l’OSCE, a précisé qu’un groupe consultatif de onze experts, mis en place à l’issue de la réunion de l OSCE sur les droits religieux en avril, devrait élaborer un «rapport préliminaire», comparant les différentes lois religieuses dans les pays de l’OSCE. Toutefois, a-t-il ajouté, la plupart des gouvernements devaient encore indiquer leur volonté de donner à l’OSCE davantage de moyens pour couvrir la question des droits religieux.

«Certains événements graves qui se sont produits récemment en Europe ont montré l’importance de la religion comme source potentielle de conflit. Mais seulement un tiers des gouvernements ont jusque-là répondu à notre demande de documents légaux à ce sujet», a précisé Erol Akdag. «Des Eglises, pourtant fortes dans leur pays et rassurées quant à leur situation, peuvent aussi ne pas approuver l’intervention d’une organisation internationale, craignant que cela n’entraîne une prise de position en faveur de nouveaux groupes minoritaires. Au contraire, des Eglises ouvertes sur le plan oecuménique peuvent réagir positivement, et juger, comme nous, qu’il ne devrait pas y avoir de limites à la liberté religieuse», a conclu Erol Akdag. (apic/eni/aa)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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