Rome : L'encyclique 'Lumen Fidei' bien reçue dans la presse francophone
La lumière de la foi contre l’amnésie contemporaine
Fribourg, 6 juillet 2013 (Apic) Les commentateurs de la presse francophone catholique et profane ont accueillis avec intérêt l’encyclique à quatre mains ‘Lumen Fidei’ publiée par le pape François, le 5 juillet à Rome. Tous s’accordent pour souligner la continuité de la pensée théologique entre Benoît XVI et son successeur. Le texte, de caractère essentiellement théologique et spirituel, est un remède contre ‘l’amnésie massive du monde contemporain’.
«’Lumen fidei’: l’encyclique écrite à 4 mains, 2 têtes, mais un seul cœur ! Et ce cœur, c’est un cœur aimant ! » s’enthousiasme Stéphane Lemessin. Pour le commentateur de ‘La Croix’, l’encyclique sur la foi est aussi un texte sur l’amour. « Ce terme apparaît 146 fois dans le texte ! Ce n’est quand même pas rien, sachant que le mot ‘espérance’ n’est cité que 14 fois ! » «Ce qui m’apparaît à travers ces deux termes si souvent mis en regard l’un de l’autre, c’est cet impératif éthique : on ne peut pas vivre sa foi sans aimer. La foi, sans l’amour, c’est vain. La foi ne peut que s’incarner », conclut Stéphane Lemessin.
La foi n’est pas obscurantisme mais lumière pour la vie de l’homme
Jean-Marie Guénois dans ‘Le Figaro’ remarque que l’encyclique « est d’une facture… propre à Benoît XVI. Tout le trahit dans le texte: style, points d’insistance, références théologiques et littéraires. […] De fait, la patte de François est discrète. Le pape argentin a un style très facilement reconnaissable: très concret, vif, direct.[…] Cette vraie-fausse encyclique de Benoît XVI peut donc être considérée comme la quatrième et dernière de son pontificat, Mais elle demeure la première du pape François, qui entend illustrer par là la complémentarité et la continuité entre les papes. » Le vaticaniste conclut en notant que « toute l’économie du texte vise à démontrer que la foi n’est pas un sentiment obscurantiste mais qu’elle éclaire au contraire, telle une ‘lumière’ intérieure, toute la vie de la personne – et en particulier son intelligence et sa compréhension du monde. »
La foi n’a rien de commun avec le fanatisme
Stéphanie Le Bars, dans ‘le Monde’ insiste aussi sur cette continuité. L’encyclique est « l’occasion pour le pape François, que l’on dit ‘en rupture’ avec son prédécesseur, tout au moins sur le style, de s’inscrire dans la droite ligne théologique de Benoît XVI. » Pour la journaliste, cette longue lettre ‘la
lumière de la foi’ « définit ce que doit et ne doit pas être la foi chrétienne ; elle assure qu’elle est au service du ‘bien commun’ et qu’elle n’a rien de commun avec le fanatisme. » Stéphanie le Bars voit dans le texte une « longue critique du relativisme et de l’individualisme. La lettre déplore ainsi que dans la culture contemporaine on tend souvent à accepter comme vérité la seule vérité technologique.
Le commentaire du ‘Monde’ s’arrête aussi sur le rappel de la définition de la famille comme ‘l’union stable de l’homme et de la femme dans le mariage’ fondée sur ‘la reconnaissance et l’acceptation de ce bien qu’est la différence sexuelle’ pour y voir bien évidemment une allusion au débat sur le ‘mariage pour tous’ en France et ailleurs.
Cheminer, bâtir, confesser
La ‘Libre Belgique’, par la voix de Christian Laporte relève qu’on retrouve dans l’encyclique les « trois verbes employés par François dans son discours aux cardinaux juste après son élection : ‘cheminer, bâtir, confesser’. Ce sont les clefs de lecture de l’encyclique ». « Traduit en langage profane, on peut dire que ‘Lumen Fidei’ insiste sur l’importance centrale de la foi chrétienne en tant que défense contre ‘l’amnésie de notre monde contemporain provoquée par le confiance excessive dans la technologie et les ‘vérités subjectives de l’individu’. ‘Lorsque la foi s’affaiblit, les fondations de l’humanité risquent aussi de s’affaiblir’ ».
Pour le vaticaniste Ignazio Ingrao, sur le site ‘Fait.religieux.com, l’encyclique relève surtout « le style et la stratégie que Jorge Mario Bergoglio entend adopter pour réformer l’Eglise. Cela signifie que le pape François ne veut pas d’une réforme qui rejette le passé mais qui, au contraire, l’accueille et le transforme selon ses desseins. » « Le pape François condamne le relativisme de la culture contemporaine. Mais il propose ensuite l’approche pastorale qui le caractérise : si la vérité est celle de l’amour de Dieu, alors elle ne peut pas s’imposer par la violence. »
Seul le journal gratuit « 20 minutes » s’appuyant sur une dépêche de l’afp titre assez curieusement pour parler de l’encyclique ‘Lumen Fidei’: ‘Le pape rejette clairement le mariage gay’. (apic/mp)



