Suisse : Caritas Suisse soutient l’initiative pour un salaire minimum
La lutte contre la pauvreté exige un ensemble de mesures différenciées
Lucerne, 1er avril 2014 (Apic) Caritas Suisse dit oui à l’initiative «Pour la protection de salaires équitables» soumise au peuple suisse le 18 mai prochain. Cette initiative populaire représente une étape importante pour la mise en place d’un revenu assurant le minimum vital. Pour l’oeuvre d’entraide catholique, cette mesure n’est cependant qu’un instrument parmi d’autres. La prévention de la pauvreté exige un ensemble de mesures qui dépasse largement l’établissement d’un salaire minimum légal.
L’établissement d’un salaire minimum améliorerait la situation de nombreux ›working poor’en Suisse, dont le salaire n’est pas suffisant pour mener une vie digne, souligne Caritas. En outre, comme les femmes sont surreprésentées dans les secteurs économiques offrant de bas salaires, l’initiative permet de garantir plus d’égalité sur le marché du travail.
Les partenariats sociaux et les conventions collectives de travail constituent les instruments établis et efficaces permettant la négociation de salaires justes assurant le minimum vital, reconnaît Caritas. Mais dans les branches où il n’y a pas de convention collective, les bas salaires persistent. Et c’est là que se concentrent la majorité des ›working poor’.
Un obstacle pour l’accès au marché du travail ?
Caritas estime toutefois que le danger existe que l’instauration d’un salaire minimal représente un obstacle pour l’entrée sur le marché du travail de personnes moins performantes ou de jeunes adultes non formés. L’article constitutionnel prévoit des dérogations à ce sujet, mais il n’est par sûr que le parlement les mette en place en faveur des personnes touchées par la pauvreté.
Si l’initiative constitue un point fort de la lutte contre la pauvreté en Suisse, le seul établissement d’un salaire minimum légal ne suffit pas, relève Caritas. La cause principale de la pauvreté étant le manque de formation, c’est dans ce domaine qu’il faut agir en priorité, par des mesures politiques visant la formation et l’encouragement précoce dès la petite enfance.
Les familles pauvres, en particulier monoparentales, doivent être soutenues par des allocations familiales plus élevées et par des mesures permettant de mieux harmoniser vie familiale et professionnelle. Caritas évoque enfin une autre piste, celle de l’exonération fiscale du minimum vital. (apic/com/mp)



