Vatican: Catholiques et luthériens publient un document commun historique

«La lutte du XVIe siècle est terminée»

Rome, 18 juin 2013 (Apic) Catholiques et luthériens ont publié, le 17 juin 2013, un document commun majeur, retraçant leur histoire, souvent douloureuse. Le texte envisage par ailleurs des perspectives pour la recherche de «l’unité visible» de leurs Eglises. En 2017, pour la première fois, une célébration œcuménique aura lieu pour faire mémoire du cinquième centenaire de la Réforme.

Fruit de trois ans de travail conjoint entre le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et la Fédération luthérienne mondiale, ce document, «Du conflit à la communion», long et articulé, était annoncé depuis plusieurs mois. Il est notamment composé de six chapitres, qui reviennent sur l’histoire et la théologie de Martin Luther (1483-1546), les réactions de l’Eglise catholique à la Réforme ou encore les évolutions du dialogue entre catholiques et luthériens. Ces derniers y reconnaissent entre autres leurs «péchés» respectifs contre l’unité.

Le dernier chapitre est consacré à cinq impératifs communs à catholiques et luthériens, qui doivent s’engager dans la recherche de «l’unité visible» par le dialogue et des démarches «concrètes».

Si le document fait état de nombreux progrès théologiques fondamentaux, en particulier sur la doctrine de la justification, qui a longtemps fait l’objet de vives controverses, le texte mentionne également les obstacles qui subsistent. D’importants désaccords persistent par exemple sur la conception du sacerdoce ou sur la vision du rôle de l’Eglise. Toutefois, selon ce document, luthériens et catholiques sont désormais conscients que «la lutte du 16e siècle est terminée».

Echecs et erreurs

A quatre ans du 500e anniversaire de la Réforme, en 2017, la déclaration commune est ainsi un appel à une commémoration commune. Pour autant, précise le document, les luthériens ne «célèbrent pas la division de l’Eglise». «Personne de théologiquement responsable ne peut célébrer la division des chrétiens», insiste le texte.

A cette occasion, il s’agira de reconnaître échecs et erreurs, de souligner les choses qui unissent mais aussi les éléments de division qui subsistent.

Dans une interview accordée à l’AFP au mois de février dernier, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, soulignait que des reconnaissances théologiques fondamentales ont été accomplies sans bruit, mais que les chemins s’éloignent par exemple «sur la pratique de la bioéthique», dont le document ne fait pas état.

Entre catholiques et protestants, «on avait dit que la foi divise et l’agir unit. Aujourd’hui, on doit affirmer le contraire», expliquait encore le chef de dicastère.(apic/imedia/mm/cw)

18 juin 2013 | 13:30
par webmaster@kath.ch
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