250 millions d’enfants concernés
La Marche mondiale contre le travail des enfants arrivera début juin à Genève
Genève, 14 mai 1998 (APIC) Au lieu de jouer ou de se former à l’école, plus de 250 millions d’enfants de par le monde sont astreints au travail. C’est souvent le cas dans les pays du Sud. Mais plusieurs millions d’enfants subissent aussi l’exploitation par le travail aux Etats-Unis et en Europe occidentale! C’est pour les faire passer «de l’exploitation à l’éducation» et surtout pour défendre leur dignité qu’une marche mondiale contre le travail des enfants a été lancée en janvier dernier. Elle arrivera début juin à Genève.
Garçon ou fille, la qualité de la personne passe d’emblée au second rang dans le travail des enfants. Ils s’épuisent parfois de longues journées à concasser des pierres au Portugal, à tisser des tapis en Inde ou à vendre des fleurs dans les rues du Brésil. Aux Etats-Unis, il y a plus de 13 millions d’enfants dans les rues et en Angleterre, sur les 2 millions d’enfants qui sont au travail, 500’000 n’ont pas 13 ans. Plus terrible encore est le sort des millions d’enfants enrôlés dans l’armée, ou traités comme des esclaves ou encore entraînés dans la prostitution.
C’est pour faire cesser cette exploitation des enfants, à commencer par ses formes les plus intolérables, qu’une marche mondiale contre le travail des enfants a démarré le 17 janvier dernier à Manille, aux Philippines. Les marcheurs, jeunes et adultes de toutes nationalités, sont passés par Sao Paulo au Brésil en février et ont atteint le Cap en Afrique du Sud au début du printemps. Leur traversée de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Europe leur aura fait parcourir, au total, 80’000 kilomètres, soit deux fois le tour de la planète. Tout au long de leur périple, ils sont appuyés par des organisations de défense des droits de l’homme et de l’enfant, des syndicats et diverses associations.
Les marcheurs arriveront à Genève au début du mois de juin, à l’Organisation Internationale du Travail (OIT), les gouvernements, les employeurs et les travailleurs seront réunis dans le cadre de la Conférence de l’OIT, afin de débattre d’un projet de convention sur le travail des enfants. Un représentant du groupe des marcheurs prendra la parole à la Conférence, et un appel sera lancé pour que soit mis immédiatement fin aux formes les plus abusives de travail des enfants.
L’urgence et le long terme
Le travail des enfants est un problème complexe. On ne le réglera pas du jour au lendemain. Pour beaucoup de familles démunies, observent les organisateurs de la marche, le travail des enfants apporte une contribution indispensable à leur survie. Cette situation requiert une solution à moyen terme et à long terme, entre autres le développement de l’éducation.
A court terme, il faut d’urgence mettre fin aux formes les plus abusives et les plus dangereuses du travail des enfants. Une action mondiale s’impose afin de protéger leurs droits des enfants. L’enseignement, en particulier, doit être accessible à tout enfant, qu’il vive à Rio, à Nairobi ou à Genève.
Les organisateurs de la Marche demandent dès lors que cesse toute exploitation des enfants. Elles réclament une élimination progressive du travail des enfants et, pour commencer, l’élimination immédiate des formes de travail les plus intolérables: la servitude pour dettes, la prostitution, le travail forcé et les travaux trop dangereux.
La réalité du travail des enfants étant complexe, les objectifs de la Marche sont multiples: susciter une prise de conscience sur la question du travail des enfants; inciter les Etats à ratifier les conventions et à appliquer les lois existantes relatives au travail des enfants; mobiliser les ressources nationales et internationales nécessaires à l’accès de tous les enfants à l’éducation; mobiliser l’opinion publique et encourager les actions contre les causes du travail des enfants; exiger l’élimination immédiate des formes les plus intolérables de travail des enfants; inciter les employeurs et les consommateurs à entreprendre des actions; assurer la réhabilitation et la réintégration des jeunes travailleurs. (apic/cip/ab)



