Diocèse de Bâle: Le vicaire général Roland-Bernhard Trauffer parle de sa maladie, la souffrance et l’aide au suicide

La menace d’être ressenti comme une charge

Soleure, 18 janvier 2010 (Apic) «Même si je pense que les organisations d’aide au suicide devraient être interdites, je défends toutes les personnes démunies qui y ont recours». Le Père dominicain Roland-Bernhard Trauffer, vicaire général du diocèse de Bâle l’affirme dans une interview à l’Apic. «Il est incontestable qu’une énorme pression sociale pèse sur les personnes infirmes ou âgées, qui semblent être un fardeau.»

Le Père dominicain fait partie de ces personnes atteintes de maladie. Il perçoit lui-même la menace d’être ressenti par la société comme une charge. Il souffre de paralysie spinale spasmodique, une maladie dégénérescente, incurable, qui conduit à la paralysie des membres inférieurs. Actuellement, le dominicain marche avec une canne. Il devient de plus en plus tributaire de l’aide d’autrui, et tombe sans cesse. La maladie n’est pas mortelle dans l’immédiat, mais le contraindra à un certain moment à se déplacer en fauteuil roulant. Elle progresse plus rapidement qu’il ne se l’était imaginé au départ. A l’agence de presse Apic, le Père Trauffer a confié que la maladie a radicalisé son attitude de rejet à l’égard de l’aide au suicide: «Je suis encore plus convaincu de ma position face à ces organisations».

L’aide au suicide organisée est, pour lui, une entreprise. Il se dit d’accord avec la Conférence des évêques suisses pour qui cette aide ne devrait pas faire l’objet d’une réglementation, car cela signifierait une légitimation de la pratique actuelle.

La souffrance comme opportunité

Le vicaire général du diocèse de Bâle a personnellement une approche remarquablement positive de sa maladie. Il lui semble aujourd’hui pouvoir être plus crédible auprès des gens qu’il accompagne, ayant des expériences similaires de la souffrance. Il ne voudrait rien embellir, mais, pour lui, la souffrance pourrait être une voie pour apprendre quelque chose sur soi-même, les autres et Dieu.

Ce texte est la traduction du résumé d’une interview réalisée par l’Apic, dont l’intégralité est accessible sur le site Kipa. (apic/job/js)

18 janvier 2010 | 09:32
par webmaster@kath.ch
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