La minorité musulmane visée
Birmanie: Des moines bouddhistes nationalistes demandent la protection de la «race birmane»
Naypyidaw, 28 février 2014 (Apic) L’OPNRR (Organisation for Protection of National Race and Religion), une organisation de moines bouddhistes nationalistes du Myanmar, a exhorté le gouvernement à légiférer pour « protéger la religion et la race » birmane. Cette demande est principalement dirigée contre les ethnies de confession musulmane du pays, qui entretiennent des relations tendues avec la majorité bouddhiste.
L’organisation nationaliste a récemment déclaré nécessaire le vote de lois « protégeant la race et la religion nationales », pour prévenir la répétition des violences intercommunautaires, comme celles de 2012. Les victimes de ces heurts ont été principalement des musulmans et notamment ceux de la minorité Rohingya de l’Etat de l’Arakan, au nord-ouest de la Birmanie, note le 28 février 2014 Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.
Instrumentalisation de la «question Rohingya»
Le président de la République du Myanmar, Thein Sein, a récemment débattu, sur la base de la demande de l’OPNRR, avec le président du Parlement, Shwe Mann, d’une restriction de la possibilité de contracter des mariages interreligieux. Ce genre de discussions témoigne de l’extrême sensibilité des relations entre les groupes ethniques et religieux en Birmanie ainsi que de l’instrumentalisation persistante de « la question Rohingya » par les dirigeants du pays, indique EdA.
A l’appui de sa demande, l’OPNRR affirme avoir réuni une pétition d’1,3 million de signatures.
Si les textes proposés par les nationalistes étaient votés en l’état, il deviendrait impossible pour une bouddhiste de se marier avec un non bouddhiste sans l’autorisation de ses parents ainsi que de l’administration de l’état-civil. Parallèlement, un non bouddhiste devrait se convertir avant d’épouser une bouddhiste. (apic/eda/rz)



